Ma lettre au président

La marche du monde on 1 Jan , 1990

Monsieur le président,

Depuis deux semaines, j’ai eu peur, peur de voir la haine, l’égoïsme et l’intolérance prendre le dessus sur la paix, l’union et le respect.

Je suis fière d’être une citoyenne de ce beau pays qu’est la France, et je ne suis personne pour en dicter sa conduite. Cependant je refuse de voir cette terre perdre ses couleurs, tout comme je refuse de voir l’Europe et le Monde eux aussi se fader. Je refuse de baisser les bras . Alors monsieur le Président, je vous fait part de mes peurs et mes inquiétudes, de ma colère mais aussi de mon espoir.

J’ai peur de ne pas trouver d’emploi après cinq ans d’études, que l’énergie et la passion qui m’ont poussée à apprendre ne me permettent pas l’épanouissement dans mon travail. Je ne veux pas être contrainte de choisir un emploi par défaut, d’être soumise à des exigences qui ne me parlent pas. Est-ce trop demander d’être heureux dans sa profession ? « Donner une place à chacun par l’école et le travail ». En tant qu’étudiante je crois en un apprentissage correspondant à chaque individu, des enseignants pour transmettre les savoirs, des conditions d’enseignement propices ainsi que l’ouverture de portes et de la diversité dans l’apprentissage.

J’ai peur d’apprendre que l’on a encore gagné deux degrés, que la liste des animaux en voie de disparition et celle de ceux qui n’existent plus s’allongent, que de nouveaux hectares de forêts ont été abattus. Je ne supporte plus cette consommation et cette production qui se font au détriment de l’environnement alors que des solutions existent. Pourquoi encore couper des arbres qui nous permettent de respirer, alors que les millions de tonnes de déchets que nous jetons pourraient être recyclés (plus qu’ils ne le sont déjà)?

J’ai peur de voir la culture une fois de plus mise de côté et cela me met en colère. Imaginez ne serait-ce que pendant une seconde une France sans culture. Plus de livres, plus de cinéma, plus de théâtre, de musique, de cirque, de musées, le délaissement de notre patrimoine et de nombreux domaines qui manquent à la liste. La culture est un vecteur de partage, de rassemblement, d’expression et de transmission. Elle donne, en plus du bonheur que l’on sait être un vecteur fort d’accomplissement, l’énergie, la force et la volonté pour accomplir cette « tâche immense » dont vous nous parlez tant.

Je suis en colère d’entendre que l’égalité Homme-Femme est atteinte, d’être sifflée parce que je porte une jupe, de voire que le sexe est un facteur à l’embauche et sur la feuille de paye, que parce que l’on est du sexe féminin on ne peut disposer de son corps comme on l’entend. Les exemples sont là encore bien plus nombreux. Pour « que la France soit elle même »,chacun doit pouvoir être lui même. Pour cela la meilleure arme reste l’égalité et ce peu importe son sexe, son âge, son statut, son orientation sexuelle, sa couleur de peau, son mode de vie, son origine …

Durant ces cinq ans, vous prendrez des décisions que nombreux d’entre nous ne verrons pas ou ne comprendrons pas, moi la première.Cependant, ce quinquennat peut aussi permettre de véritables avancées humanistes. Redonnez nous l’espoir, montrez nous que des changements se font, que c’est possible. Prouvez nous que nous ne sommes pas seuls à penser, à rêver. C’est en voyant des acteurs, des progressions et que tout cela n’est pas vain, que l’on s’engagera et que par l’unité nous avancerons.

Individuellement et à petite échelle les combats sont bien plus durs et bien plus longs. Nous avons la ferveur, l’énergie et le courage ; donnez nous l’unité.

M.POTOCZNY

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