Le tueur de nos campagnes

Tout d’abord, je tiens à vous informer que je n’ai de connaissances ni en économie, ni en agriculture, ni même en biologie, en chimie ou en politique, mais j’ai personnellement, et vous aussi je l’espère, la connaissance de la valeur de la vie.

Est-ce que mon entourage est touché par le phénomène ? Non. Est-ce que l’entourage de mon entourage est concerné ? Je ne pense pas. Est-ce que je me sens concerné ? Oui. Pourquoi ? Parce que c’est un phénomène qui nous concerne tous à partir du moment où des vies sont en jeu. 

Peut-être en avez-vous déjà entendu parler, à la télé ou dans des journaux, il s’agit du glyphosate. Le glyphosate est une molécule contenue dans le Round Up, un herbicide puissant élaboré par l’entreprise Monsanto, celle-là même qui a mondialisé les OGM dans l’agriculture. Le Round Up a connu un succès mondial, au Sri Lanka comme en Colombie, en Allemagne ou en France. Jusqu’à la révélation d’effets nocifs du glyphosate, sur les êtres vivants, homme ou animal, le Round Up était vénéré pour son efficacité.

Mais, commençons par découvrir comment le glyphosate s’est répandu si facilement dans un grand nombre de pays. Quiconque a déjà cultivé son jardin a connaissance de ces petites herbes dérangeantes qui poussent à l’insu de nos plantes et les empêchent de se développer. Eh bien, ces herbes, il faut les arracher. Ah non ! J’oubliais que pour une question de rapidité, d’efficacité, et donc de productivité, aujourd’hui, le progrès des herbicides tue ces herbes avant même qu’elles n’envahissent jardins et champs. Sachez que le Round Up les élimine sans même agresser les semences Monsanto qui sont des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Mais ce qui nous avait été caché outre le risque des maladies, c’est la fonction première pour laquelle le glyphosate était d’abord utilisé : lorsque Henri Martin en 1964 a breveté le glyphosate, ce n’était pas comme herbicide, mais comme un chélateur de métaux : pour faire simple on l’utilisait pour le détartrage.

Voilà ! Oui, voilà la raison pour laquelle le glyphosate a été répandu en quantités exorbitantes dans les champs. Voilà pourquoi ces champs qui, pour certains, se situent près de rivières contaminent les eaux et les nappes phréatiques. Voilà comment des puits, où, quotidiennement, des villageois s’approvisionnent en eau, sont désormais pollués, avec une présence de glyphosate trop élevée pour la rendre potable : au Sri Lanka, certains puits atteignent un taux de 850mg/L de soluble, tandis que l’eau n’est considérée potable qu’à partir du moment où elle n’en contient que 20mg/L. Et la firme a osé avancer que le glyphosate était moins dangereux que le café ou le sel de table ?

Le bilan est simple. Une grande partie des personnes ayant eu un contact direct avec le Round Up de Monsanto sont atteintes du cancer du rein, ou d’autres maladies comme le lymphome non hodgkinien, des maladies, vous l’aurez compris, mortelles. Pour ce qui est des animaux, un éleveur de cochons a pris des photos de certains nouveaux-nés mutants. Et on n’essaie encore de nous faire croire que peut-être le glyphosate est innocent des morts au Sri Lanka ou des malades en Allemagne ?

Comment ne pas se révolter ? Quand l’art nous rapproche de la nature avec des musiques comme L’hymne de nos campagnes, de Tryo, la réalité, elle, nous en éloigne.

Aujourd’hui, le Round Up est interdit dans certains pays, dont la France, mais des agriculteurs désemparés manifestent : que peuvent-ils utiliser si on leur enlève l’herbicide dont ils disposent en quantité depuis des années ?

Personnellement, j’étais très attristée quand j’ai vu ce reportage sur Arte, où l’on voyait des témoignages de personnes, comme vous et moi.

Finalement, selon vous, quelle solution est la plus humaine : continuer de voir des gens mourir sur une planète nécrosée ou remplacer les produits écocides par des produits respectueux de l’environnement et des Hommes ?

Article :  Lebreton Marine

Dessin de presse : Anaïs le Turdu