Ma résidence de cinq semaines au collège se termine.
Ces derniers temps, beaucoup de travail, beaucoup de stress. Les interminables journées devant l’ordinateur à scanner et à retoucher les images. L’attente devant l’imprimante que les tirages sortent. Les interrogations: je contrecolle les tirages ou pas? L’écriture des textes. La relecture de ceux-ci. Les corrections. Encore et encore. Le nettoyage des vitres des cadres. A nouveau, la même question: je contrecolle les tirages ou pas? Puis l’accrochage. Finalement, les tirages gondolent à cause de l’humidité de la salle d’exposition. Parce qu’ils ne sont pas contrecollés. J’impose une ventilation de la pièce, j’amène trois chauffages d’appoint. Le temps change, le vent tourne, l’humidité disparaît. Aux dernières nouvelles, les tirages ne gondolaient plus.
Le 13 janvier, j’écrivais: « Attente, excitation, appréhension, trac » au sujet de ma résidence qui allait commencer quelques jours plus tard. Le vernissage aura lieu demain et mes sentiments sont les mêmes.
Catégorie(s) : Publié par Anne Leroy
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Quel regard portent-ils sur cet établissement qui fait leur quotidien?





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Une troisième, puis une quatrième semaine de résidence se sont écoulées. Période de doute. De questionnement. De recherche et de production aussi. Mon travail prend des directions multiples, mais sans s’éparpiller pour autant.
J’ai récemment réalisé qu’une approche de l’adolescence à travers le portrait était réductrice. Elle permet, certes, d’identifier les attitudes et les postures des jeunes, de parler du « paraître » chez l’individu. J’ai d’ailleurs observé, même s’il ne s’agit pas d’un phénomène de masse, une féminisation des expressions, des attitudes, des postures et des codes vestimentaires de certaines jeunes filles. Influence de la publicité et des magazines?
Mais cette approche à travers le portrait ne dit rien -ou dit trop peu- du rapport aux autres et au groupe et des connections entre les personnes: entre banalité et complexité, où les gestes ouvrent sur un univers de rites, de jeux et de tensions caractéristiques de cette période. J’ai donc commencé à photographier les élèves pendant les récréations, les pauses déjeuner. Je les ai aussi suivis en cours.






Catégorie(s) : Photographies d'Anne Leroy · Publié par Anne Leroy
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L’adolescence se termine quand on devient majeur. On peut passer le permis de conduire et sortir quand on veut.
L’adolescence, c’est pas un cap difficile à passer parce que j’ai des amis avec qui discuter.
Être adulte c’est: tu es grand, tu as des amis, une maison, un permis de conduire, un travail et des responsabilités.
Avec les adultes, je partage: des séries à la télévision, des films, le shopping, la cuisine et le ménage.
Je suis un élève et un adolescent. Je travaille à l’école pour mon avenir.
L’adolescence commence à la puberté. On mue et on a plein de boutons. Et on a plus de liberté aussi.
Dans le collège, je suis plus qu’un élève.
Je n’aime pas l’adolescence car on est à moitié enfant et à moitié adulte et on nous écoute pas toujours.
Les adultes, ce sont les parents, ceux qui conduisent et qui votent.
Mes parents, je les aime.
Un adulte, c’est une personne autonome, qui travaille et qui n’a pas besoin de ses parents en permanence.
Le collège, ça m’évoque le paradis.
L’adolescence, c’est un cap difficile parce que le corps change et qu’on a des boutons. On pense à l’avenir aussi.
Quand on est adulte, on est grand et intelligent. On est plus mature, on a des responsabilités.
Au collège, je suis bien. J’ai mes copains et mes copines.
Au collège, je suis là pour travailler.
L’adolescence commence à la puberté. Tu vas au lycée, tu as une petite amie, un portable et de l’acné.
L’adolescence se termine à 18 ans. Tu peux passer ton permis, avoir de l’argent, un compte en banque avec une carte bleue et faire ce que tu veux. Tu as un appartement seul, tu sors seul, tu fais tes courses seul. Tu peux aussi vivre dans un autre pays.
Au collège, il y a des gens qui m’embêtent. Certains disent des gros mots et se moquent des autres. Et les toilettes sont toujours un peu sales.
Je n’ai pas de vêtements de rappeur ou de personne riche. Je suis habillé normalement. Ni pour attirer l’attention, ni pour la détourner.
Le collège, ça a un côté bien et un côté moins bien. Dedans c’est bien. Dehors c’est sale. Les toilettes aussi. Par terre il y a des chewing-gums.
J’aime rester en classe et être avec les copains.
On est des élèves. On est là pour travailler et trouver un métier. C’est ça l’école. C’est pour apprendre.
Merci!
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