Mon premier test de SinusPhy

J’enseigne les Sciences de l’Ingénieur et l’enseignement technologique transversal en STI2D au Lycée Pilote Innovant International de Jaunay-Clan, près de Poitiers.

Je suis un nouvel utilisateur de SinusPhy. Je commence à créer des activités de simulations pour mes élèves de SI et de STI2D. Je ferai bientôt un article avec mes premiers projets de simulation.

Après avoir essayé SinusPhy pendant quelques jours, voici mes premières remarques. Dans cet article j’ai choisi de surtout détailler les problèmes rencontrés ou les choses à améliorer. Je communiquerai ces remarques au support d’Atemi en espérant contribuer modestement à l’amélioration de SinusPhy.

La documentation de SinusPhy
. SinusPhy est développé par Atemi et commercialisé par Cadware depuis septembre 2011.
C’est un logiciel encore très (trop ?) jeune avec une documentation très réduite :
http://atemi.pagesperso-orange.fr/downloads/SinusPhy/Documents/Presentation_SiNuSPhy.pdf
. L’aide intégrée au logiciel n’est pas mal faite mais reste assez incomplète et il manque des exemples simples dans les tutoriels.
. Le seul forum que j’ai trouvé avec un sujet dédié à SinusPhy ne comporte que 2 messages d’utilisateurs, mais des réponses sont apportées :
http://applitec.free.fr/forum/viewforum.php?id=9
. On ne trouve pas sur Internet des activités pédagogiques développés par des enseignants.

La prise en main de SinusPhy
. SinusPhy se prend assez facilement en main mais un élève devra être fortement guidé.
. La logique de SinusPhy est très différente des logiciels de simulation de schémas électriques basés sur Spice (Orcad par exemple).
. L’interface pour la simulation n’est pas aussi conviviale que celle de FlowCode par exemple où on peut créer des IHM virtuelles très simplement.
. Atemi insiste beaucoup dans ses exemples sur le lien avec la modélisation mécanique issue de Méca3D. Je n’ai pas encore essayé SinusPhy avec Méca3D.

Les composants simulables dans SinusPhy
. Bibliothèques trop peu fournis : rien à voir avec Matlab ou Scilab.
. Les curseurs : peu pratiques pour des entrées logiques. Des boutons comme dans FlowCode seraient préférables.
. Edition des propriétés d’un composant.
L’utilisation d’opérateurs logiques dans un composant standard semble limitée.
On peut écrire e3 = if(e1 or e2, 1, 0) mais on ne peut pas écrire e3 = e1 or e2.
Les alias des entrées/sorties sont liés au composant. On ne peut pas donner un alias à un flux entre des composants : pas logique ni pédagogique.
. Les composants de type dipôle, comme une résistance ou une diode, ne sont ni pédagogiques ni pratiques. Ils conservent plus ou moins le symbole d’un dipôle, mais ils ne peuvent pas être utilisés pour simuler un petit schéma électrique comme un circuit RC, sauf à utiliser des sommateurs … qui compliquent tellement que ça n’est plus intéressant pédagogiquement. Un circuit série est représenté par des composants en parallèles, … Intéressant pour des profs, pas pour enseigner avec des élèves qui n’ont pas le recul nécessaire !

La saisie des schémas dans SinusPhy
. Le croisement des liaisons avec des “ponts” ne correspond pas aux normes de schématisation. Cette représentation est complètement rétrograde et alourdit les schémas.
. Le symbole du repiquage devrait être supprimé et devrait être implicite en respectant les normes de schématisation. Il alourdit beaucoup la saisie et la lecture des schémas.
. Le déplacement des liaisons est parfois limités en fonction du tracé initial. Les changements d’angles doivent être faits manuellement par exemple.
. On peut copier une partie d’un schéma mais les segments de liaisons ne sont copiés que si une liaison est intégralement sélectionnée. Ce n’est pas pratique.
. Il faut sélectionner l’outil “lien” pour chaque liaison : trop lourd comme procédure.
. Quelques bugs : des segments qui disparaissent parfois, des connexions qui parfois ne se font que si on déplace le composant, …
. La commande Annuler n’est jamais active !
. La grille est trop présente par rapport à l’épaisseur des traits des liaisons. On perd en lisibilité. On peut supprimer la grille, mais ça n’est pas idéal. Les liaisons devraient être plus lisibles et la grille plus discrète.

Les graphes dans SinusPhy
. La courbe rouge est parfois masquée par le curseur gris.
. On ne peut pas choisir la taille du graphe, ce qui serait utile pour les grandeurs logiques.
. On devrait pouvoir facilement avoir un graphe multiple où les chronogrammes sont l’un au-dessus de l’autre, en synchronisme, avec une hauteur faible pour les signaux logiques.
. On ne peut pas imprimer tous les graphes sur une même page.
. Le composant Sortie ne permet que de superposer des graphes avec une échelle commune pour les signaux logiques et analogiques !
. Pas de curseurs pour mesurer un intervalle en abscisse ou en ordonnée.

Conclusion
Voici donc mes premières remarques. J’ai qu’en même réussi à avancer assez rapidement dans la prise en main de ce logiciel. C’est d’ailleurs ça qui fait sa force, en plus de son prix abordable (de l’ordre de 1000 € les 10 licences) par rapport à Matlab (environ dix fois plus cher). J’espère pouvoir assez rapidement développer une première activité de simulation avec mes élèves en 1ère SI et en Term STI2D. Il me faut encore éclaircir les objectifs avec les nouveaux référentiels. Je ne sais pas encore si mes élèves parviendront à travailler efficacement avec ce nouvel outil.

Je présenterai dans un prochain article mes premiers essais de modélisations et de simulations.

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