Les pouvoirs de la peur : conversation écoutée par Alison

messagerosaLors du festival Littératures européennes, chaque personne présente a pu aborder, à travers des échanges avec des écrivains, des thématiques plus ou moins intéressantes. C’est avec Vincent Message, auteur du livre Défaite des maîtres et possesseurs et le romancier espagnol Isaac Rosa avec Le pays de la peur que nous nous sommes intéressés aux pouvoirs de la peur. La première œuvre met en scène un monde dans lequel le principal prédateur des temps modernes, l’homme, devient proie. En effet, il est question d’une race supérieure peuplée d’individus qui ne sont pas des extraterrestres mais des démons. Ceux-ci reprennent les codes de la société humaine. On y retrouve alors des humains de compagnie et des humains d’élevage dans un système de consommation qui atteint son apogée.
Le second récit débute dans un cadre familial des plus ordinaires jusqu’à ce que Sara, la mère de famille, se rende compte que des objets disparaissent au sein de son foyer. Personne ne se serait jamais douté que l’auteur de ces actes était Pablo, son fils. Ce dernier annonce alors à ses parents qu’en réalité, il est victime de racket. Ce qui va réveiller chez son père, Carlos, de vieux démons. En effet, celui-ci mène une vie des plus tumultueuse et pour cause, il connait une peur irrationnelle suscitée par bien des choses. C’est donc à travers ces deux œuvres, différentes à bien des égards et pourtant similaires de par la portée de leur message, qu’une conversation a été lancée au sujet des craintes dont les hommes sont souvent sujets. Et, pour cela, les deux écrivains se sont appuyés sur des faits d’actualité. Vincent Message et Isaac Rosa sont tombés d’accord sur le fait que nous sommes en plein dans “le siècle de la peur” en illustrant leur argument par les attentats du 11 septembre 2001à New York, l’effondrement de plusieurs banques et les récentes attaques survenues en France. Néanmoins, la peur qui peut être autant un affecte négatif qu’un stimulus peut s’avérer utile voir nécessaire. Ainsi, nous en sommes venus à la conclusion que la littérature avait le pouvoir de créer une connexion entre les hommes, ce qui mettait de côté la rivalité qu’il y a entre eux, et, grâce à ce lien, à cette solidarité, qu’il était possible de se détacher de toute sensation d’angoisse.

Alison M., TL, LJM, 2016

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