Une discrimination sexiste

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( médaille Field, Wikipédia)

Les élèves de la classe de première ES 1 se sont interrogés sur le « sexe des mathématiques ». Ils ont été répartis en différents groupes et ont mené des recherches sur plusieurs axes.

Pourquoi s’intéresser aux « sexe des mathématiques » ?

Parce que le film Imitation Game montre qu’une seule femme participe au concours de recrutement et dès son arrivée, on s’étonne de sa présence et on lui dit « que le bureau des secrétaires est à l’étage ».

De plus, en raison de faits marquants de l’actualité :

■ d’une part, au début des années 2000, Lawrence Summers, président de l’université de Harvard déclara que « les garçons étaient naturellement plus doués que les filles en mathématiques ». Suite à ces propos,  le corps enseignant vota contre lui une motion de défiance. Lawrence Summers dut quitter son poste de président de l’université.

■ d’autre part, la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel qui n’existe pas en mathématiques, médaille remise depuis les années 1920, a en 2004, pour la première fois, été décernée à une femme : Maryam Mirzakahni.

■ ensuite, en France, il est paradoxal de constater la place des filles dans les séries scientifiques au lycée et leur place ensuite dans les séries scientifiques après le bac et dans les métiers scientifiques.

En effet, les statistiques montrent :

  • Au lycée :

– Le taux de réussite des filles au bac scientifique est supérieur au taux de réussite des garçons

– En 2011, 32 % des filles ont une mention bien ou TB au bac scientifique contre 26 % pour les garçons

  • Après le bac, au niveau des étudiants :

– En lettres, les femmes sont très majoritaires (75%), en économie (55%), mais seulement 30 % de femmes en sciences

– Environ 25 % des étudiants en école d’ingénieur sont des femmes

  • A l’université, en 2015, au niveau des enseignants

– 13,6% des enseignants en mathématiques pures sont des femmes

– 27 % des enseignants en mathématiques appliquées sont des femmes

  • Au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), depuis 1990, le nombre de femmes en mathématiques n’a pas augmenté. Les femmes sont 4 à 5 fois moins nombreuses que les hommes.

 Nous avons cherché des explications à ce constat : des explications qui ne sont pas biologiques mais sociales, culturelles.

Claude Steele, psychologue social américain de la deuxième moitié du 21ème siècle, et son équipe, à travers leurs travaux et expériences, ont réussi à démontrer que l’impact des stéréotypes, c’est-à-dire des croyances socialement partagées, est très important notamment chez les femmes avec les mathématiques.

Catherine Vidal, neurobiologiste française qui a dirigé l’Institut Pasteur, résume ainsi le stéréotype : les filles réussiraient moins bien que les garçons dans les matières où les mathématiques prennent une place prépondérante à cause de leur sexe, et seraient plus aptes dans les matières à dominante littéraire.

Or Catherine Vidal dans son livre, en 2012, Les Filles ont-elles un cerveau pour les maths ? (2012) tend à casser ce stéréotype en montant que « l’aptitude pour les maths n’a pas de sexe » et que c’est la société, à travers le discours souvent inconscient des parents, des enseignants qui tend à décourager les filles des études scientifiques. Analyse partagée par la sociologue Marie Durut-Bella dans L’école des filles(2004)

Pour plus d’informations, vous êtes invités à consulter les travaux des élèves dans l’article “Le sexe des mathématiques”.

Bertrand Gatumel, professeur de SES.

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