Utiliser le cloud en établissement (mini table ronde)

Pour quels avantages ? à quoi faut-il faire attention ?

Frank Soulard, professeur au lycée professionnel Jean Albert Grégoire, a besoin de partager avec ses collègues des dossiers dans lesquels chacun intervient. Le stockage sur le “nuage informatique” avec Dropbox leur a permis notamment de pouvoir utiliser la dernière version de chaque document depuis n’importe quel point d’accès à internet. L’établissement a ensuite cherché une solution pour étendre le bénéfice de ces technologies sans stocker des données personnelles en dehors de l’Europe.

Julien Pavageau, référent pour les usages pédagogiques numérique au collège Albert Camus, a mis en place un système pour que les collègues qui utilisent des espaces virtuels puissent retrouver le matin dans l’établissement les documents numériques qu’ils ont mis à jour chez eux.

Nicolas Audouin, adjoint au responsable de la sécurité des systèmes d’information au rectorat, apportera son éclairage sur les points de vigilance.

QCM à correction rapide

13H30 14H20

Peut-on facilement effectuer de nombreuses évaluations formatives ?

– Olivier Aranda, professeur de technologie au collège Jules Supervielle, utilise pour cela l’application “Ping-Pong” et des tablettes iPad.
– François Bayle, professeur de SVT au collège Jean Guiton, utilise des formulaires papier. Les questions sont vidéo-projetées. La correction se fait rapidement par perçage des bandes de papier sur lesquelles les élèves ont entouré les réponses.
– Loïc Chapellier, professeur de mathématiques au Lycée Pilote International Innovant est satisfait de l’application “Socrative”. Il l’utilise avec des tablettes sous Androïd (expérimentation Living Lab).

Pour en savoir plus :
Les pratiques présentées (site pédagogique académique, article en cours de validation)
Sur le site NetPublic : présentation de l’application Socrative
Site officiel de l’application Ping-Pong

Des documents accessibles

13H30 14H20

Cédric Couvrat, conseiller TICE ASH, et Nathan Rochais, lycéen dyspraxique, donnent des exemples de précautions à prendre quand on souhaite produire des documents accessibles au plus grand nombre : des documents faciles à trouver, à transporter, à lire, à comprendre, à utiliser pour des activités pédagogiques, y compris par les élèves qui ont des difficultés de lecture ou de compréhension .

Pour en savoir plus

Manuels numériques : pratiques

10H 10H50

Que peut apporter pour une classe le fait d’utiliser un manuel scolaire numérique ?

Olivier Joulin, professeur d’histoire-géographie au collège de Lezay, a montré comment il utilise le manuel interactif gratuit Lelivrescolaire.fr

Il travaille avec un tableau numérique interactif (logiciel Interwrite Workspacen, utilisable gratuitement) et annote les ressources projetées à l’aide d’une tablette graphique, qui lui permet d’agir depuis le fond de la classe.

Son établissement a fait le choix d’acquérir aussi la version papier du manuel, qui est moins complète que la version numérique, mais sert de référence notamment pour les familles.

  • Avantages indiqués
    • liberté d’accès : manuel en ligne, plus facile d’accès que les manuels numériques qui doivent être installés sur des ordinateurs. En licence creative commons.
    • L’attention des élèves est mieux captée quand on projette la ressource que lorsqu’ils suivent individuellement sur un manuel papier. Il y a moins de dispersion.
    • Souplesse d’utilisation : linéaire (comme tout manuel) et granulaire (accès direct à chaque ressource). Chaque document est une page html dont l’URL est connue, ce qui facilite les liens.
    • Des vidéos sont proposées en histoire.
    • Intègre des exercices. Les élèves doivent avoir un compte : on peut facilement le créer en important la liste des élèves de la classe par tableau, il y a génération automatique de mot de passe pour chaque élève.
  • Limites pédagogiques actuelles ressenties par le témoin :
    • une utilisation intégrale peu intéressante (interactivité restreinte, possibilité de construction personnalisée de cours trop rigide).
    • propositions d’exercices très “basiques”, intéressantes à son avis uniquement pour des révisions.

Philippe Duval, professeur de sciences de l’ingénieur au lycée Palissy à Saintes, a expliqué comment il se sert dans sa pédagogie d’un manuel numérique Nathan, associé à un logiciel de tableau blanc interactif (ActivInspire, en version gratuite) :

  • Pour lui l’élève doit rester actif, et donc prendre en note comme il le souhaite les éléments qui sont ajoutés par le professeur au tableau blanc interactif pendant le cours.
  • Le tableau blanc interactif est installé à côté d’un tableau sur lequel le professeur peut écrire. Il fait voisiner ainsi les inscriptions qui doivent rester affichées pendant tout le cours et celles qui sont liées au document projeté.
  • Le manuel ne fait que survoler le programme en STI2D mais lui donne une cohérence pluriannuelle, et une vision globale de ce qu’il faut savoir.
  • Un usage qui se révèle pratique et utile : utiliser le logiciel du tableau blanc interactif pour sélectionner un extrait du manuel et l’exploiter (une page complète est peu exploitable en vidéo projection car en format portrait).

Il signale les difficultés liées aux licences :
– l’installation est limitée à trois postes informatiques, ce qui est largement insuffisant,
– une licence est nécessaire pour le poste informatique personnel de l’enseignant, alors qu’il enseigne dans plusieurs salles,
– les postes des lycées sont souvent verrouillés ou régulièrement régénérés.

Pour en savoir plus :

– Autres exemples de pratiques associant en visionnement collectif manuel numérique, TNI et environnement numérique de travail, sur le site de Ludovia (usage en mathématiques, article paru en 2013).

– Exemple filmé de pratiques associant en visionnement collectif manuel numérique et TNI, sur le site de l’Agence des usages des TICE (usage en français, article paru en 2012).

– Un rapport de l’inspection Générale publié en mars 2012 : manuels scolaires, situation et perspectives.

 

 

 

 

Moodle pour évaluer

9H00 9H50

Certaines fonctionnalités de la plateforme d’enseignement open source Moodle permettent d’évaluer autrement, par exemple en donnant à l’élève la possibilité d’utiliser plusieurs fois un test, ou en s’appuyant sur une grille de compétences.

Des témoignages vécus de Claude Demange, professeur de sciences économiques et sociales au lycée Jean Macé et de Pascal Sore, professeur d’informatique au lycée Merleau Ponty.

Liens utilisés :
module référentiel de Moodle

Compte-rendu (en cours de validation).

Un portefolio pour l’élève

9H 9H50

Comment aider les élèves à prendre conscience de leurs acquis et à les valoriser ?

Au Lycée Pilote Innovant International les enseignants accompagnent les élèves dans la constitution d’un “webfolio”, qui met en valeur les expériences et compétences spécifiques qu’ils ont acquises au lycée et dans le cadre extrascolaire ainsi que les projets auxquels ils ont participé.

Une démarche présentée en images par Christophe Hilairet, enseignant dans ce lycée.

Pour en savoir plus, site du lycée

Fiche méthodologique élève (les étapes de la création du webfolio)

Réalisation du webfolio avec FreePlane

La fiche décrivant le processus sur le site expérithèque

Manuels numériques : un panel

Bernard Usé, du réseau Canopé, évoque les différentes formes de manuels scolaires numériques.

Les manuels sont distribués, soit directement par l’éditeur, soit, le plus souvent, via des bouquets de diffusion dont les principaux sont le CNS et le KNE (qui regroupent respectivement 20 et 31 éditeurs).

Les manuels produits par les communautés d’enseignants ont des modèles économiques originaux : ainsi le Livre Scolaire vend ses manuels papier et donne accès gratuitement à ses manuels numériques, les Clionautes collaborent avec Nathan technique pour un complément au manuel Histoire-géographie Tle Bac Pro, Weblettres collabore avec Le Robert pour les manuels “Passeurs de textes”, Sésamath collabore avec Magnard, Retz et Génération5 pour ses cahiers et manuels, les ebooks du web pédagogique sont disponibles à la vente et le site se rétribue par sa version Premium.

Des points de vigilance

– Les éditeurs proposent des périodes d’essai de spécimen, ou des extraits : il ne faut pas hésiter à tester un manuel avant de l’acquérir. Les centres Canopé disposent d’un accès aux plateformes CNS et KNE à des fins de démonstration, sur PC ou sur tablette. Il est également possible d’y expérimenter les différents moyens d’interagir avec les manuels (TBI, VNI, projection sans fil, etc.).

– Si un problème technique survient (lié à installation sur un réseau local ou un ENT, à une perte de données sur une clé USB, à un problème de DRM…) il est essentiel de se tourner vers l’éditeur, qui a autant intérêt que l’enseignant à ce que les usages soient facilités (pour simplifier la tâche de ses clients, Belin propose de pré-charger sur clé USB les manuels acquis sur la libthèque).

– Dans un contexte encore un peu flou où l’édition cherche un modèle économique viable, il est important de bien comprendre le périmètre de l’usage accordé à l’utilisateur (durée de l’abonnement ou achat de la licence, utilisation par l’enseignant ou l’élève, de tout point internet ou sur certains postes, type de terminal sur lequel le manuel sera utilisable…) et les conditions tarifaires (généralement un tarif “adoptant-prescripteur”, parfois gratuit, est accordé aux établissements équipés d’un certain nombre d’exemplaires papier).

Pour en savoir plus : sur les différents types de manuels numériques, une page du site académique “usages du numérique éducatif”.

Le dossier “manuels numériques” sur le site du ministère (Eduscol).

Un article de Bernard Usé sur le site Canopé académique situe le manuel numérique parmi les ressources pédagogiques éducatives.

Télévision et vidéos en classe

11H 12H

Christophe Hilairet, professeur d’histoire géographie au Lycée Pilote International Innovant, a évoqué comment il intègre des émissions dans ses cours, en s’aidant parfois du logiciel Captvty, qui existe en version portable (utilisable depuis une clef usb).
Plus d’une vingtaine de chaines peuvent ainsi être utilisées.
Le logiciel permet de sélectionner des émissions par type pour les enregistrer. Cela permet d’utiliser les “Jalons pour l’Histoire du temps présent” (INA) ou “Lesite.tv” (France télévision), qui ne peuvent pas être utilisés en streaming au lycée par manque de débit.
Pour prendre des vidéos sur Youtube il utilise Video DownloadHelper ou Fluvore.com, par lequel on peut se contenter de télécharger le son en format MP3.

Kdenlive sous Linux a été montré : c’est un logiciel de montage vidéo simple et efficace.

Il a montré comment il utilise des ressources en classe provenant de Edugéo, du CNES, du Louvre, de Lesite.tv, du site “Histoire par l’image“, notamment à partir de la plateforme gratuite Eduthèque (mise à disposition des enseignants par le ministère). Pour les “Jalons de l’Histoire” Eduthèque propose 100 vidéos sur les 1500 qui existent sur le site.
L’inscription doit être faite  par adresse mail académique.

 

 

Cours et suivi de stages avec Moodle

14H30 15H20

Les LMS (plateformes d’enseignement et de collaboration) tels que Moodle ou Claroline permettent de mettre des cours et activités à disposition, ainsi que des espaces individuels pour que les élèves puissent écrire par exemple le journal de leurs projets ou de leurs stage en entreprise.

Nathalie Epaillard Serand, professeur d’économie gestion au lycée Paul Guérin a organisé sur la plateforme Moodle de son lycée un cours de droit. Elle utilise la fonctionnalité “journal” pour le suivi des stages (carnets de bord).

Pascal Sore, professeur d’informatique au lycée Merleau Ponty, s’appuie sur la plateforme de son établissement pour former les étudiants de BTS et les aider à distance pendant qu’ils sont en stage.

Diaporama présentant la pratique de Nathalie Epaillard Serand

Le blog perso-professionnel de l’enseignante
Les ressources juridiques organisées dans son portail Netvibes

Photographier en cours

On peut de plus en plus facilement photographier (des résultats d’expériences scientifiques, des schémas, des sauts en hauteur, des travaux d’élèves…). Ces photos peuvent être exploitées en classe ou après la classe. Pour quoi faire ? comment s’y prendre ? Trois témoignages.

– Stéphan Chauveau, professeur de sciences physiques au Lycée Jean Monnet, laisse les élèves utiliser leurs téléphones, pour photographier le résultat de leurs manipulations et expériences. Ces images sont parfois intégrées ensuite à un document, notamment au carnet de bord de travaux personnels.
Des photographies ont aussi été réalisées à l’occasion de sorties géologiques, puis retravaillées afin de faire apparaître des plans de coupe.
L’objectif est notamment de développer les compétences en usage des TICE.
Cet enseignant estime important cependant de ne pas substituer ces pratiques à la réalisation de schémas scientifiques.
Des échanges ont eu lieu lors de l’atelier sur les risques pris par un enseignant quand il laisse les élèves utiliser leur matériel personnel dans le cadre des cours (voir lien ci-dessous).

– Géraldine Héquette, professeur de sciences physiques au collège Antoine Delafont, met à disposition des élèves des outils (selon les cas webcam, visualiseur, appareil photo). Les photos réalisées en cours permettent par exemple de mettre en avant les propriétés d’un liquide.
Elle apprend aux élèves à citer l’origine des images qu’ils utilisent dans leurs travaux, en leur fournissant un diaporama dans lequel des notes apportent des conseils en méthodologie. Ceci est fait en lien avec les items du B2I (Brevet Informatique et Internet).

Elle photographie aussi à l’aide d’une visualiseuse l’énoncé d’un exercice sur le manuel, et/ou le travail fait par certains élèves. Par l’intermédiaire d’un logiciel de tableau blanc interactif, elle peut afficher, surligner, découper pour mettre en avant les parties intéressantes de ces clichés, pour faciliter les apprentissages.Elle les met parfois à disposition du groupe via l’environnement numérique de travail (i-Cart).

– Loïc Chapellier, professeur de mathématiques au Lycée Pilote Innovant International, utilise en classe des tablettes sous Androïd, dans le cadre de l’expérimentation “Living cloud”. Il photographie avec une tablette notamment des copies d’élèves et des écrans, pour exploiter les travaux au vidéo projecteur.

Ces photographies sont partagées via Dropbox avec une connexion wifi. L’intérêt de cet outil de partage (qui existe en version gratuite) est notamment d’être notifié quand une nouvelle image est stockée ou modifiée. Les élèves se sont inscrits avec leur adresse mail à ce service après explication des conditions d’utilisation.

Pour en savoir plus sur l’expérimentation Living cloud : le blog de l’expérimentation au LP2I.

Sur le cloud computing, un article du CDDP de l’Aveyron.

Sur le fait de laisser les élèves utiliser leur smartphone en classe, un dossier sur le site de l’académie de Toulouse.

Sur l’usage d’une webcam pour photographier en classe, un article sur le site de mathématiques.

Sur l’usage de la photographie de copies associé à l’annotation avec un logiciel de tableau numérique, un article sur le site “usage du numérique éducatif”.