On ne l’attendait plus !
Les élèves du club journal ont enfin terminé ce premier numéro, en suant sang et eau pour vous le livrer à temps !
Les élèves du club journal ont enfin terminé ce premier numéro, en suant sang et eau pour vous le livrer à temps !
Vendredi matin.
La fatigue commence à se faire sentir… mais l’excitation, elle, est toujours là.
La journée démarre dans les rues piétonnes d’Angoulême. Les élèves de CHABD — 6e, 5e et 4e — remontent ensemble la rue piétonne avant de se séparer pour deux expériences très différentes, mais tout aussi marquantes.
Les 6e et 5e prennent la direction du Palais de justice.
Entourés de leurs professeurs, ils découvrent concrètement les métiers judiciaires grâce à la rencontre avec une juge, une avocate et une procureure.
Dans le tribunal judiciaire, elles parlent de leur quotidien, de leurs responsabilités, de leurs choix de carrière. Les élèves posent énormément de questions : sur les études, sur les affaires, sur les décisions difficiles. Cette curiosité plaît beaucoup aux intervenantes, très pédagogues, diplomates et accessibles.
Puis vient le moment le plus marquant :
Les élèves enfilent les robes… et rejouent un procès.
Avocats de la défense, procureurs, juges, victimes, accusés : chacun prend son rôle très au sérieux, souvent avec humour. La juge et la procureure soufflent parfois quelques pistes, accompagnent, rassurent.
« Madame, vous avez déjà vu un avocat en Crocs ? »
Non. Et visiblement, c’était une première pour tout le monde.
Ce temps au tribunal prend encore plus de sens avec la participation au concours Dessine-moi ta justice, autour du thème des gens de justice. Les élèves découvrent l’exposition des planches réalisées.
Et la belle surprise arrive en fin de journée :
Des élèves de CHABD 5e remportent la troisième place.
Fierté immense. Sourires XXL.
Pendant ce temps, les 4e vivent un moment très fort autour du dessin.Ils assistent d’abord à la vidéo d’une artiste palestinienne qui, malgré le conflit, continue de
dessiner au charbon sur sa tente et d’animer des ateliers pour les enfants.
Ensuite, ils participent à un atelier de dessin d’1h30 avec un dessinateur palestinien, accompagné d’une interprète traduisant de l’arabe vers l’anglais.
Malgré la distance, malgré la langue, la création circule. Les élèves adorent.
Le moment est dense, touchant, marquant.
Tout le monde se retrouve ensuite sur le parvis du musée de la bande dessinée pour déjeuner. Et là, deux moments inattendus rappellent que les sorties scolaires sont aussi des aventures humaines.
D’abord, une autrice à vélo chute.
Un élève se précipite spontanément pour l’aider, ramasser ses affaires, l’accompagner.
En retour, elle lui dessine une BD et lui fait des dédicaces.
Bonheur absolu. Un peu plus loin, des élèves qui avaient peu à manger se voient offrir des cornets de frites par des food trucks.
Surprise. Gentillesse. Sourires.
L’après-midi, direction le Vaisseau Moebius pour une conférence autour du Douanier Rousseau, animée par un scénariste et un dessinateur.
Le moment où le dessin se crée en direct fascine tout le monde.
Le temps semble ralentir.
Il y a quelque chose de poétique, presque hors du monde.
Les élèves participent, observent, questionnent.
Un vrai moment de transmission artistique.
Et pour finir…
Une marche express pour rentrer au collège dans les temps.
Des sacs plus lourds.
Des têtes pleines.
Des souvenirs déjà ancrés.
Jeudi matin. L’excitation est déjà là. Les élèves de CHABD — 6e, 5e et 4e — retrouvent leurs professeurs pour deux jours d’immersion totale dans le Grand Off d’Angoulême. Les sacs sont pleins (pique-nique, goûter), les yeux brillent déjà… et, miracle : la pluie nous laisse tranquilles.
Première escale : le Vaisseau Moebius, au musée de la bande dessinée.
Et là, surprise totale. Les élèves découvrent un train fantôme scénographique qui transforme la visite en véritable expérience sensorielle. On ne regarde plus une exposition : on la traverse, on la ressent, on l’explore autrement. Beaucoup parlent ensuite de cette sensation étrange d’être dans l’œuvre. Une entrée dans l’art immersive, qui marque vraiment les esprits.
Changement d’ambiance ensuite avec l’exposition consacrée à Rabier. Pour certains élèves, c’est une découverte. Pour d’autres, une reconnaissance graphique immédiate. Entre vidéos explicatives, jeu de l’oie grandeur nature et travail autour des lithographies, ils passent de spectateurs à créateurs. Reproduire une planche, comprendre le geste, voir comment naît une image… Les élèves s’investissent énormément et prennent confiance dans leur regard artistique.
Dans la continuité de la visite, les élèves ont également découvert plusieurs expositions majeures du musée de la bande dessinée, notamment autour des Vieux Fourneaux, de Claire Bretécher et du Loup en slip. Ces univers très différents avaient pourtant des points communs forts : les questions sociales, les injustices, les relations humaines et, d’une certaine façon, les passages délicats de l’adolescence vers l’âge adulte. L’exposition du Loup en slip a particulièrement marqué les élèves, plus proche de leur âge et de leurs codes. Ils ont beaucoup aimé les espaces interactifs, notamment autour des thèmes de la surconsommation, de la publicité et des peurs. Un dispositif invitait par exemple à écrire ses propres « chocottes », ce que les élèves ont fait avec beaucoup d’enthousiasme et de sincérité. La scénographie globale, très immersive, a été unanimement saluée.
Entre deux temps forts, on s’installe dans les gradins pour pique-niquer.
Moment simple. Bruyant. Vivant. On partage les chips, on compare les sandwichs, on parle déjà des coups de cœur du matin.
Après le repas, direction l’allée des éditeurs. Explosion visuelle. Explosion financière aussi (version stickers et cartes postales). Les élèves découvrent la richesse de l’édition BD actuelle, ses styles, ses univers, ses formats. Et puis, une exposition sort du lot : Winston Nowhere. Un auteur qui n’a jamais existé… mais qui aurait pu. Une exposition troublante, poétique, qui interroge la mémoire, la création, la légende artistique. Beaucoup d’élèves restent longtemps devant les planches.
En début d’après-midi, les élèves ont également vécu un moment artistique très singulier au musée de la bande dessinée. Ils ont assisté à une mise en scène théâtralisée de “La longue marche des dindes”, adaptation d’une bande dessinée de Léonie Bischoff issue d’un roman de Kathleen Karr. Sur scène, deux comédiens donnaient vie aux personnages tandis qu’une ingénieure réalisait en direct tout le travail de bruitage. Voir une bande dessinée prendre corps par la voix, le jeu d’acteur et les sons a profondément captivé les élèves. Beaucoup sont restés suspendus à la performance, impressionnés par l’intensité du jeu et par cette façon originale de faire dialoguer théâtre, son et narration graphique.
Puis vient le temps de la rencontre.
La conférence de Yann Covic plonge les élèves dans la réalité du métier d’auteur de BD : le parcours, les doutes, les projets, la construction d’un univers. Il évoque notamment MardiVal, BD jeunesse fantastique et médiévale disponible au CDI. Pendant qu’il parle, certains élèves croquent des éléments de couverture, d’autres notent, d’autres écoutent simplement. Les échanges sont riches, naturels, passionnés.
La journée se termine avec ce mélange particulier de fatigue et d’euphorie qu’on ne ressent qu’après les grandes journées culturelles.
On a vu. On a appris. On a rencontré. On a créé.
Et surtout, on a partagé.
Première journée réussie.
Et contre toute attente : sans pluie.