Grand Off d’Angoulême : dans les coulisses d’une journée CHABD pas comme les autres !
Jeudi matin. L’excitation est déjà là. Les élèves de CHABD — 6e, 5e et 4e — retrouvent leurs professeurs pour deux jours d’immersion totale dans le Grand Off d’Angoulême. Les sacs sont pleins (pique-nique, goûter), les yeux brillent déjà… et, miracle : la pluie nous laisse tranquilles.
Première escale : le Vaisseau Moebius, au musée de la bande dessinée.
Et là, surprise totale. Les élèves découvrent un train fantôme scénographique qui transforme la visite en véritable expérience sensorielle. On ne regarde plus une exposition : on la traverse, on la ressent, on l’explore autrement. Beaucoup parlent ensuite de cette sensation étrange d’être dans l’œuvre. Une entrée dans l’art immersive, qui marque vraiment les esprits.
Changement d’ambiance ensuite avec l’exposition consacrée à Rabier. Pour certains élèves, c’est une découverte. Pour d’autres, une reconnaissance graphique immédiate. Entre vidéos explicatives, jeu de l’oie grandeur nature et travail autour des lithographies, ils passent de spectateurs à créateurs. Reproduire une planche, comprendre le geste, voir comment naît une image… Les élèves s’investissent énormément et prennent confiance dans leur regard artistique.
Dans la continuité de la visite, les élèves ont également découvert plusieurs expositions majeures du musée de la bande dessinée, notamment autour des Vieux Fourneaux, de Claire Bretécher et du Loup en slip. Ces univers très différents avaient pourtant des points communs forts : les questions sociales, les injustices, les relations humaines et, d’une certaine façon, les passages délicats de l’adolescence vers l’âge adulte. L’exposition du Loup en slip a particulièrement marqué les élèves, plus proche de leur âge et de leurs codes. Ils ont beaucoup aimé les espaces interactifs, notamment autour des thèmes de la surconsommation, de la publicité et des peurs. Un dispositif invitait par exemple à écrire ses propres « chocottes », ce que les élèves ont fait avec beaucoup d’enthousiasme et de sincérité. La scénographie globale, très immersive, a été unanimement saluée.
Entre deux temps forts, on s’installe dans les gradins pour pique-niquer.
Moment simple. Bruyant. Vivant. On partage les chips, on compare les sandwichs, on parle déjà des coups de cœur du matin.
Après le repas, direction l’allée des éditeurs. Explosion visuelle. Explosion financière aussi (version stickers et cartes postales). Les élèves découvrent la richesse de l’édition BD actuelle, ses styles, ses univers, ses formats. Et puis, une exposition sort du lot : Winston Nowhere. Un auteur qui n’a jamais existé… mais qui aurait pu. Une exposition troublante, poétique, qui interroge la mémoire, la création, la légende artistique. Beaucoup d’élèves restent longtemps devant les planches.
En début d’après-midi, les élèves ont également vécu un moment artistique très singulier au musée de la bande dessinée. Ils ont assisté à une mise en scène théâtralisée de “La longue marche des dindes”, adaptation d’une bande dessinée de Léonie Bischoff issue d’un roman de Kathleen Karr. Sur scène, deux comédiens donnaient vie aux personnages tandis qu’une ingénieure réalisait en direct tout le travail de bruitage. Voir une bande dessinée prendre corps par la voix, le jeu d’acteur et les sons a profondément captivé les élèves. Beaucoup sont restés suspendus à la performance, impressionnés par l’intensité du jeu et par cette façon originale de faire dialoguer théâtre, son et narration graphique.
Puis vient le temps de la rencontre.
La conférence de Yann Covic plonge les élèves dans la réalité du métier d’auteur de BD : le parcours, les doutes, les projets, la construction d’un univers. Il évoque notamment MardiVal, BD jeunesse fantastique et médiévale disponible au CDI. Pendant qu’il parle, certains élèves croquent des éléments de couverture, d’autres notent, d’autres écoutent simplement. Les échanges sont riches, naturels, passionnés.
La journée se termine avec ce mélange particulier de fatigue et d’euphorie qu’on ne ressent qu’après les grandes journées culturelles.
On a vu. On a appris. On a rencontré. On a créé.
Et surtout, on a partagé.
Première journée réussie.
Et contre toute attente : sans pluie.