Tu n’as pas pleuré

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(Le sourire d’Ida Grinspan, ici en 2011, photo prise par Hannen, en classe option media au Collège George Sand de Châtellerault)

Tu n’as pas pleuré, Ida, quand les gendarmes sont venus t’arrêter en janvier 1944 pour te livrer ensuite aux Allemands. Tu n’as pas pleuré, écrivais-tu quelques années après ton retour de déportation, quand tu es arrivée à Auschwitz. Tu n’as pas pleuré quand tu as subi les pires humiliations dans le camp, l’année de tes 14 ans. Tu n’as pas pleuré quand le danger de mort était imminent, tapis dans l’immensité de Birkenau. Pas plus que lorsque tu n’as retrouvé ni ta mère, ni ton père à la Libération. Tu n’as pas pleuré de toutes ces peurs qui auraient pu te terrasser, toi qui étais encore si jeune…

Ce matin, c’est nous qui te pleurons, chère Ida. Nous pleurons ton sourire, ton éternelle gaité, l’étincelle pétillante de tes yeux : ta voix s’est éteinte et nous n’étions pas là pour te dire combien tu as changé nos vies, et t’en remercier, à jamais.

Cette année, la lecture de ton témoignage, J’ai pas pleuré, auprès de mes élèves n’aura pas la même résonnance que les années précédentes : elle devient plus urgente encore, parce que tu ne seras plus là.

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J’invite mes élèves de troisième à lire ce témoignage de la déportation d’une jeune fille juive à Auschwitz : c’était la vie d’Ida.

Agnès Dibot.

 

 

Agnès Dibot

Enseignante de Lettres et animatrice de l'option media.

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