Il était une fois un vieux et une vieille qui avait une fille; devenu veuf, le vieux se remaria. La méchante marâtre prit la fillette en haine, ne cessant de la battre et ne rêvant qu’à s’en débarrasser.
Un jour que le père était absent, elle dit à sa belle-fille:
“Va chez ma sœur, ta tante, et demande lui une aiguille et du file pour te coudre une chemise !”
Or, cette tante n’était autre que la Baba Yaga en personne.
La fillette, qui n’était point sotte, courut d’abord chez sa tante à elle: “Bonjour, tata ! -Bonjour, ma chérie ! que se passe-t-il ?
-Mère m’envoie chez sa sœur lui demander une aiguille et du fil pour me coudre une chemise ! ” Alors, sa tante la mit en garde: “Là-bas, ma nièce, quand le bouleau essaiera de te cingler les yeux, attache le avec un ruban. Là-bas, quand les battants du portail, grinceront et s’efforceront de te frapper, verse de l’huile sur le seuil. Là-bas, quand les chiens se jetteront sur toi pour te mettre en pièce, lance leur du pain. Là-bas, quand le chat voudra te sauté à la figure pour t’arracher les yeux, donne lui, du jambon ! “
La fillette se mit en route et ne tarda pas à arriver.
Tout à coup, devant elle, apparut une chaumine. Dedans était assise la Baba Yaga-jambe d’os, occupée à tisser: “Bonjour, tante !
-Bonjour, ma chère !
-Mère m’envoie te demander une aiguille et du fil pour me coudre une chemise !
-Fort bien. Assieds toi et tisse en m’attendant.” Tandis que la fillette s’installait au métier, la Baba Yaga sortit et dit à sa servante: Va faire chauffer l’étuve pour laver ma nièce. Surtout frotte la bien, car je veux en faire mon déjeuner ! ” La fillette, qui avait tout entendu, restait là, plus morte que vive. Quand la servante vint la chercher, la pauvre petite lui fit cadeau d’un foulard et la pria ainsi: “Quand tu feras brûler les bûches, ma bonne, arrose les sans compter, ne plains surtout pas l’eau que tu verseras dessus ! ” “Tu tisse toujours, ma nièce ? -Mais oui, mais oui, tante, je tisse ! ” Quand la Baba Yaga se fut éloignée, la fillette en profita pour donner au chat du jambon et pour lui demander: “Dis moi comment faire pour m’en aller ?
-tiens voici un peigne et une serviette, répondit le chat. prends les et fuis, car la Baba Yaga va te pourchasser. Sans t’arrêter de courir, tu colleras de temps à autre l’oreille contre la terre pour savoir où elle est. Dès que tu l’entendras venir, tu jetteras la serviette derrière toi. Alors une rivière immense se mettra à couler. Si jamais la Baba Yaga parvient à la traverser et te talonne à nouveau, colle de nouveau l’oreille contre terre et, quand elle sera tout près, jette le peigne: se dressa alors une forêt infranchissable qu’elle ne pourra pas traverser ! “
