Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin.
L’ air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière,
Le vent chargé de bruits, la ville n’est pas loin,
A des parfums de vigne et des parfums de bière…
Arthur Rimbaud
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin.
L’ air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière,
Le vent chargé de bruits, la ville n’est pas loin,
A des parfums de vigne et des parfums de bière…
Arthur Rimbaud
La cigale, ayant chanté tout l’ été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
“Je vous paierai, lui dit -elle,
Avant l’Oût foi d’animal,
Intérêt et principal.”
La fourmi n’est pas prêteuse:
C’est la son moindre défaut.
“Que faisiez – vous au temps chaud ?”
Dit- elle à cette emprunteuse.
“Nuit er jour, à tout venant
Je chantais, ne vous déplais.”
“Vous chantiez ?
J’en suis fort aise.
Eh bien!
Dansez maintenant.”
Jean de la fontaine.
Après tout ce blanc vient le vent,
Le printemps vient après l’hiver.
Après le grand froid, le soleil,
Arès la neige vient le nid,
Après le noir vient le réveil,
L’histoire n’est jamais finie.
Après tout ce blanc vient le vert
Le printemps vient après l’hiver,
Et après la pluie, le beau temps.
Claude Roy
La Corrida (Francis Cabrel)
Depuis le temps que je patiente
Dans cette chambre noire
J’entends qu’on s’amuse et qu’on chante
Au bout du couloir
Quelqu’un a touché le verrou
J’ai vu les fanfares, barrières
Et les gens autour
Dans les premiers moments j’ai cru
Qu’il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue
Je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule
Je vais bien finir par l’avoir
Cette danseuse ridicule
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Andalousie, je me souviens
Les prairies bordées de cactus
Je vais pas trembler devant
Ce pantin, ce minus
Je vais l’attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil
Ce soir la femme du torero
Dormira sur ses deux oreilles
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
J’en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou
Pour que je m’incline
Ils sortent d’où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier ?
J’ai jamais appris à me battre
Contre des poupées
Sentir le sable sous ma tête
C’est fou comme ça peut faire du bien
J’ai prié pour que tout s’arrête
Andalousie, je me souviens
Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe
Je pensais pas qu’on puisse autant
S’amuser autour d’une tombe
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Si, si hombre, hombre
Baila, baila
Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, y otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar
Y mataremos otros
La mouffette imprévoyante
<< Dès demain je ferai cueillette
De ce qu’il me faut pour l’hiver>>
Ainsi parlait une mouffette
Au reste de ses congénères.
L’été passa, l’automne vint
Elle repoussait à plus tard,
Et quand il gela, un matin,
Toujours vide était son placard!
Elle quémanda, payant très cher
Ce qu’elle aurait pu amasser
Et pour pouvoir faire bonne chère
Elle s’endetta pour dix années.
Moralité
Jamais on ne travailler en vain;
D’incidents nul n’est à l’abri
Et nul n’aura à faire demain
Ce qu’il a su faire aujourd’hui.
Je suis la pendule tic !
Je suis la pendule tac !
On dirait que je mastique
Du mastique et des moustiques
Quand je sonne et quand je craque
Je suis la pendule tic
Je suis la pendule tac
J’avance ou bien je recule
Tic tac je suis la pendule
Je brille quand on mastique
Je ne suis pas fantastique
Mais je sais l’arithmétique
J’ai plus d’un tour dans mon sac
Je suis la pendule tic
Je suis la pendule tac
Pierre Gamarra
Avez-vous vu ?
Avez-vous vu le dromadaire
Dont les pieds ne touchent pas terre ?
Avez-vous vu le léopard
Qui aime loger dans les gares ?
Avez-vous vu le vieux lion
Qui joue si bien du violon ?
Avez-vous vu l’hippopotame
Qui minaude comme une femme ?
Avez-vous vu le perroquet
Lançant très haut son bilboquet ?
Avez-vous vu la poule au pot
Voler en rassemblant ses os ?
Mais moi, m’avez-vous bien vu, moi,
Que personne jamais ne craint ?
Maurice Carême
Tilleuls
Les tilleuls sentent bon dans les longs soirs de juin.
L‘air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière.
Le vent chargé de bruits, la ville n’est pas loin,
A des parfums de vigne et des parfums de bière …
Arthur Rimbaud
A quoi ça sert un poème ?
A quoi ça sert un poème?
Ca sert à jouer des mots,
comme on joue de la guitare,
de la flûte ou du piano.
Ca sert à faire savoir
qu’on est gai ou qu’on est triste,
ou bien d’humeur fantaisiste.
Ca remplace quelques larmes
ça fait rire ou ça désarme.
Ca sert à parler de soi
ou bien de n’importe quoi
C’est un voyage intérieur,
un moyen d’ouvrir son coeur,
A quoi ça sert un poème ?
Au font, ça ne sert à rien
mais ça rend la vie plus belle,
comme un tour de magicien,
un sourire, un arc- en- ciel.
A quoi ça sert un poème?
Ca sert à dire” je t’aime”.
Henriette Major
Printemps
Après tout ce blanc vient le vert,
Le printemps vient après l’hiver.
Après le grand froid, le soleil,
Après la neige vient le nid,
Après le noir vient le réveil,
L’ histoire n’est jamais finie.
Après tous ce blanc vient le vent
Le printemps vient après l’hiver,
Et après la pluie , le beau temps.
Claude ROY