Maria Ernestam : “il faut que l’auteur prenne soin du langage”

Ruby : Pourquoi avez-vous commencé à écrire ? 

M. E. : J’ai toujours beaucoup apprécié lire. J’ai une formation de journaliste à la base, j’ai donc été journaliste pendant de nombreuses années, mais un jour j’ai eu une idée. Je travaillais sur un article qui traitait de la technologie génétique, je regardais en même temps un film de Woody Allen et ces deux éléments ont fusionné dans ma tête et tout à coup j’avais une histoire. A partir de là, j’ai commencé à écrire.

Ruby : Quand vous dites que vous n’avez jamais pensé à être écrivaine, vous ne pensiez pas en être capable ?

M. E. : C’est juste que je ne me suis jamais dit « Ah je veux être écrivaine ! », j’étais très bien dans le journalisme, mais lorsque cette histoire m’est venue, je me suis dit qu’elle était pas mal. Et c’est vrai qu’être journaliste, ça m’a aidée. Je savais que ça allait prendre du temps, que ça allait être plus ou moins dur. Il faut se poser et travailler. Un peu d’inspiration par ci, un peu de fantaisie par là, mais c’est le travail qui est le plus important.

R. : Pour la publication de votre premier ouvrage, ce fut difficile de trouver une maison d’édition ? Ou vous aviez déjà des contacts ?

M. E. : Non, je n’avais aucun contact dans le milieu de l’édition mais j’ai eu la chance de rencontrer un agent qui s’intéressait à mon travail. Mon mari est allemand, nous avons vécu en Allemagne, cet agent travaillait dans plusieurs pays et il a trouvé une maison d’édition.

R. : Incluez-vous des éléments personnels dans vos livres ?

M. E. : Beaucoup de mes pensées, de mes expériences se retrouvent dans mes livres, je pense que c’est le cas pour une majorité d’auteurs d’ailleurs. Mais il ne faut pas trop en dire, garder le mystère et être économe de cela.

R. : Ça fait longtemps que vous êtes écrivaine ?

M. E. : Depuis 2005, date de la parution de mon premier livre, ça fait 13 ans, donc je n’étais pas trop jeune quand j’ai commencé en littérature.

R. : Il y a un genre littéraire que vous préférez à d’autres ?

M. E. : C’est la qualité de l’écriture qui me guide, dans tous les genres. Il faut que l’auteur prenne soin du langage. Mais globalement, je préfère les livres avec du suspens, de l’action, du secret et du mystère. J’apprécie l’humour noir également.

R. : Pour vous, qu’est-ce qui différencie un bon livre d’un très bon livre ?

M. E. : C’est une très bonne question…Encore une fois, la qualité de l’écriture, de la langue et puis ce que l’on n’attend pas. Il est souvent dit qu’il n’y a que 10 histoires qui peuvent être racontées ; c’est-à-dire que ce sont toujours les mêmes histoires dans les livres, juste racontées différemment , mais je ne sais pas si c’est vrai ; il faut être très original et vraiment bien écrire ; avec du style. Et puis, une certaine intelligence aussi, de la ruse en plus. Mais ce que j’aime c’est avoir fini ma lecture, avoir ressenti des émotions et avoir appris quelque chose. Ceux qui procurent cela sont de grands auteurs.

propos recueillis par Ruby, Terminale L, LJM, 2018.

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