Tel père tel fils

Le changement de position sociale au cours de la vie d’un individu ou ascenseur social ou mobilité sociale est moins rapide et peut aboutir à un déclassement ( c’est à dire le sentiment de ne pas avoir la place dans la société par rapport à sa formation).

En effet, la crise a rappelé que le déclassement est de plus en plus fréquent et les promotions sociales moins nombreuses et plus longues à obtenir

Dans un premier temps, l’ascenseur social fonctionne toujours ; même si la montée du chômage dans les années 1970 a ralenti la promotion sociale (par rapport aux Trente Glorieuses, la forte croissance permettait une amélioration conséquente des emplois et des salaires que la récession économique d’aujourd’hui ne permet plus) même s’il s’accompagne de déclassements plus fréquents.

Malgré la crise économique mondiale de 2008, les emplois qualifiés, eux, ne cessent d’augmenter : depuis 1982, le nombre de cadres supérieurs à augmenter de 135% soit 2,4 millions d’occupés de plus de 26 ans. Cette augmentation a été telle que la part des cadre supérieurs dans l’ensemble de la société a été multipliée par 2.

La probabilité de devenir cadres s’est donc accentuée. C’est pourquoi les inégalités de classes sociales se sont réduites.

La société française évolue plus rapidement depuis environ 30 ans. Effectivement les fils de cadres ont plus de chances de devenir à leur tour cadre. Mais au XXIe siècle, le recrutement s’effectue dans toutes les classes sociales. Environ 24% deviennent des cadres supérieurs en ayant un patriarche dans ce domaine mais aussi 23% de cadres ont un père ouvrier.

Ainsi, entre 1977 et 1983, l’égalité des chances entre catégories sociales est passée de 37% à 43% pour les hommes âgés de 40 à 59 ans mais s’est ensuite réduite à 40% de 1993 à 2003. Mais l’INSEE montre cependant que les inégalités entre classes sociales restent bien marquées puisqu’en tirant au sort un enfant de cadre supérieur et un enfant d’ouvrier, ce premier possède 80% de chances d’occuper la même position sociale que son père contrairement à l’enfant d’ouvrier.

De manière générale, l’ascenseur social n’est pas bloqué : ce qui entretient cette idée est en fait la frustration subjective de nombreux salariés de ne pas être mieux reconnus par rapport à leur formation; en effet, le niveau moyen de la main d’œuvre a fortement augmenté depuis 30 ans : alors qu’en 1982 sur 100 français 14,7% des 25-49 ans étaient à Bac+2, ils sont 35,2% en 2008.

Ainsi on peut comprendre que le diplôme est un facteur de plus en plus important dans la mobilité sociale d’où le fait que les nouvelles générations s’investissent de plus en plus dans les études ( soutien psychologique, financier) en particulier dans les milieux les plus favorisés.

Cet investissement explique la frustration de ne pas occuper la place qui leur est dû quand la réussite sociale n’est pas proportionnelle à l’investissement.

Le baccalauréat ne permet plus aux nouvelles générations d’accéder aux mêmes places que leurs parents avec le même diplôme car le niveau scolaire et la part des bacheliers ont tous les deux augmentés : en 1950, 5% de la population française sont titulaires du baccalauréat contre 2/3 aujourd’hui.

Cependant, souhaiter une société où la réussite sociale serait possible pour tous peut paraître utopique car elle développerait un fort esprit de compétition dont résulterait des inégalités très importantes; même si la réussite sociale serait simple et rapide, le déclassement serait encore plus répandu.

Pour conclure, il faut donc s’interroger sur les classements scolaires qui engendreraient ce sentiment de déclassement.

– Résumé d’un article d’Alternatives économiques hors-série n°084 – février 2010, “tel père, tel fils” de Louis Maurin

Camille LABRUE, Alice DELMON, Alexa DELAVEAU.