Les gestes professionnels permettant de soutenir les fonctions cognitives transversales

Travail de la constellation de cycle 1 de Charente Préélémentaire, composée des enseignants et des ATSEM :

 

Les gestes professionnels pour développer l’attention
Expliciter et identifier ce sur quoi doit porter l’attention

Expliciter l’attitude, la posture attendue des enfants : verbaliser le fait d’être « focus pour garder en mémoire »

Développer l’écoute active

Varier les consignes (leur passation en grand/petit groupe ou en rappel avec picto/pinces enregistreuses) Varier les activités, les postures

Moduler la voix tout au long de la journée dans tous les espaces de l’école : changer ses intonations, parfois

chuchoter, chantonner pour calmer l’agitation (comptines fonctionnelles)

Penser le temps : limiter l’attention dans le temps (utiliser le sablier et rallonger progressivement ces temps

d’attention)

Penser l’aménagement de l’espace pour éviter les distracteurs : obstacles à l’attention et la concentration

Proposer le matériel en manipulation libre, avant d’en faire un objet d’apprentissage spécifique

Opter pour les encouragements et valoriser tous les efforts !

Passer par des exercices corporels ritualisés pour récupérer l’attention : chef d’orchestre, exercices de

respiration guidée, de relaxation, jeux de doigts… les plus grands peuvent Proposer des lieux de retour au calme « sas de décompression »

 

Les gestes professionnels pour développer la planification
Expliciter l’organisation du temps de l’enfant à l’école : rythmes stables et répartition des activités (affichages,

frise…)

Poser des routines, éventuellement utiliser le sablier

Communiquer entre PE et ATSEM sur les consignes, les attendus, les stratégies : communication orale ou cahier journal partagé et annoté (matin soir / bilan)

Proposer des objectifs à courts terme (petits, ebep) puis des contrats d’activités pour les plus grand (par élève et éventuellement par semaine)

Favoriser les situations qui demandent de planifier des actions à l’avance et d’en prévoir les effets : penser les phases d’explicitation avant l’action sur ce qui est à apprendre

Amener l’élève à identifier les étapes de l’apprentissage et l’aider à se représenter ce qu’il va devoir faire, avec quels outils et selon quels procédés

Inciter l’élève à verbaliser la procédure employée et le moment où il a rencontré des difficultés

Décliner une notion en sous-objectifs, réactiver régulièrement

 

Les gestes professionnels pour développer l’inhibition et l’auto/régulation
Placer l’élève face à une situation qui l’oblige à retenir son impulsivité : déplacements (calme et respect, on évolue au rythme du plus lent), prise de parole en regroupement, dans les activités (ne pas se servir seul)… Attendre son tour (dans un jeu, en motricité, pour parler), veiller à leur signifier en langage non verbal qu’on a pris en compte leur demande

Attendre une consigne avant de commencer une activité (ex peinture après rituel du tablier) chacun est capable d’être « capitaine de son corps »

Être capable de s’adapter à l’évolution d’une consigne

Répondre à des sollicitations sonores ou visuelles différentes

Gérer ses émotions : accepter d’être frustré, de perdre, savoir se comporter en tant que gagnant…

Inhiber une procédure afin d’en utiliser une autre plus pertinente

Réfléchir aussi avant de parler : « wait time » à ritualiser avec une gestuelle choisie

 

Les gestes professionnels pour développer la flexibilité
Proposer des situations ouvertes qui entraînent des changements de stratégies ou qui n’amènent pas de réponse unique

Modifier les règles, poser des contraintes dans un jeu connu des élèves pour les amener à modifier leurs stratégies : il n’y a pas qu’un seul chemin pour faire les choses

Faire accepter de se tromper, de ne pas avoir la stratégie la plus experte Avoir le droit de se tromper, de ne pas y arriver tout de suite

Laisser les élèves chercher, tâtonner, proposer, recommencer… puis être capables de sélectionner la stratégie la plus appropriée, se donner du temps et répéter souvent (l’habillage, la motricité…)

S’adapter à chacun et à tous (adultes comme enfants)

Se montrer flexible par rapport au déroulé planifié sur son CJ

 

Les gestes professionnels pour développer la mémoire de travail
Bâtir des séquences d’apprentissage en intégrant les 3 grandes étapes de la mémorisation (encodage, stockage,

récupération)

Soigner le moment d’encodage pour garantir le processus de mémorisation utiliser des pictogrammes, des

supports visuels, des images mentales de ce qu’on a à retenir

Veiller à ne pas surcharger la mémoire de travail par un nombre d’éléments trop important à retenir Répéter souvent sans lasser, réactiver les apprentissages régulièrement selon les apports de la science et la courbe de l’oubli, dite d’Ebbinghaus (mémorisation de nouveaux mots…)

Utiliser les différentes entrées sensorielles

Penser à laisser les temps d’appropriation par le sommeil

Accepter qu’un enfant puisse saturer en termes d’attention et de sollicitations mémorielles

Penser les apprentissages en spirales expansées

 

Les gestes professionnels pour favoriser la métacognition
Rappeler ce qui a été fait jusque là

Avant une tâche, organiser des moments spécifiques pour planifier les actions

Expliquer ce qu’on va faire, pourquoi on fait cela ce que cela pourra permettre par la suite et parfois aussi

comment on va faire

Pendant la tâche faire verbaliser les élèves sur les procédures, l’explicitation de ce qui est à comprendre pour réussir au fur et à mesure, réexpliciter les attendus

Poser les critères de réussite et de réalisation

Penser à développer la coopération, le tutorat entre pairs

Après une tâche revenir sur l’action et identifier ce qui fait réussir : ce que nous avons appris et comment nous avons réussi

Penser à se donner un temps de bilan de l’activité, de la demi-journée, de la journée (retour sur ce qui a été

appris), de la semaine, de la période…