Le Centre de Connaissances et de Culture : un Laboratoire pédagogique dans un lycée

Après plus de trois ans de travail collaboratif, le Centre de Connaissances et de Culture (3C) du lycée de la Venise Verte a été inauguré le 5 octobre, après avoir été labellisé « Future Classroom Lab » en juin dernier.

Les acteurs

La diversité des acteurs impliqués ont à la fois fait la richesse et la réussite de ce projet. Ces derniers sont listés ci-dessous :

  • Les professeurs-documentalistes sous l’impulsion de M. Le Proviseur, avec l’expertise de Canopé, en particulier de l’atelier Canopé 79,
  • le Conseil Régional Nouvelle Aquitaine, sur le volet restructuration et financement du mobilier et des équipements numériques,
  • les équipes enseignantes notamment des Référents aux Usages Pédagogiques du Numérique,
  • un certain nombre de collègues de divers horizons : le LP2I, le groupe de travail « Nouvelles Forme Scolaire » porté par le CARDIE et la DANé du Rectorat de Poitiers,
  • le projet Future Classroom Lab
  • des entreprises, sensibilisées aux deux cahiers des charge (celui des 3C et celui des FCL) et force de propositions dans l’élaboration du projet
  • … et des élèves et étudiants sur les phases de tests – techniques mais aussi pédagogiques, d’écriture de la charte de l’usage du BYOD.

Un laboratoire pédagogique

Cet espace hors du commun tente, aussi bien dans la construction en amont du projet que dans son usage, de répondre à nos volontés de développer un Laboratoire Pédagogique  dans notre environnement scolaire :

Il doit permettre de :

  • questionner les postures : c’est un espace d’apprentissage co-construit par la communauté éducative au sens large (voir introduction ci-dessus);
  • De développer les compétences du 21ème siècle : c’est un lieu de développement, d’analyse et de promotion des pédagogies actives pour rendre l’élève ou l’étudiant acteur,  en permettant le développement des compétences du 21ème siècle;
  • D’expérimenter, de se tromper, d’apprendre : c’est un espace d’expérimentation, dans lequel le droit à l’erreur est un élément important dans le processus d’apprentissage de l’élève mais aussi dans la co-construction des séquences par les enseignants;
  • De partager les pratiques pédagogiques, apprendre ensemble : C’est un espace d’échange de pratiques : la mise en place dans l’établissement à travers l’ENT et Google Suite pour l’Education permet de mutualiser les témoignages et retour d’expériences. Divers rassemblement dans l’année – voir par semaine – permet aussi un partage et un feed-back quant à l’usage pédagogique de ces nouveaux espaces;
  • De s’ouvrir à l’écosystème éducatif : c’est un lieu de rencontre de l’écosystème éducatif : espaces réservés aux enseignements il est néanmoins largement sollicité à la réservation et utilisé dans le cadre de projet, de formations disciplinaires ou institutionnelle et d’échanges, grâce notamment à la mise en œuvre du volet visioconférence avec des partenaires extérieurs (projet Erasmus plus avec la Finlande, l’Italie et la République Tchèque, tutorat en CPGE ECP avec le lycée Français AEFE de Tananarive à Madagascar, etc..);
  • D’emporter avec soi le meilleur, transférer : C’est le lieu de tous les transferts : à l’intérieur de la communauté mais aussi entre élèves, entre enseignants de l’établissement (Fab Lab de production de capsules vidéo, impression 3D,…) et hors établissement.

Témoignages

Après quelques mois d’installation et quelques semaines d’usage intensif, voici quelques témoignages et retours d’expériences :

S. Tournerie, enseignant Sciences de la Vie et de la Terre
En 1S et TS, j’ai mené des séances de cours et de travaux dirigés.
Les usages que j’ai eu s’intègrent dans ma démarche de rompre avec un enseignement “classique”, descendant. Le fait de changer physiquement de lieu facilite un changement de posture de ma part et de celles des élèves…
Une mise à disposition plus large de ressources (numériques mais aussi physiques avec la proximité du rez de chaussée et des collègues documentalistes), l’équipement numérique associé aux outils collaboratifs (Google Suite for Education), la modularité du mobilier ainsi que des espaces ont entraîné les élèves vers une démarche nouvelle : il s’agissait de participer davantage à l’élaboration des contenus que de les recevoir de façon passive. J’ai pu, plus facilement, me positionner en accompagnateur pour des petits groupes (à géométrie parfois variable) plutôt qu’en prof sur son estrade. L’accompagnement a donc pu être plus ciblé sur les besoins des élèves et ces derniers ont pris part à la création de contenus (individuels et/ou collectifs et/ou partagés).


Prochaine étape : lâcher prise à un degré supérieur en acceptant que les élèves déterminent eux-mêmes leur parcours d’apprentissage intégrant les notions exigibles mais aussi une part de projet personnel.

En TPE, le travail se veut protéiforme. Cette année, j’ai surtout le souhait de me servir de ces temps de travail comme d’un laboratoire pédagogique. Il se trouve que la classe avec laquelle je travaille est très dynamique et réceptive aux intentions d’innovation. Le terrain est donc favorable !
Un des enjeux était de faire en sorte de développer la créativité et l’ambition des élèves. L’environnement du 3C le suggère : pas de barrières physiques imposées comme dans une classe standard : on s’installe comme on veut, où on veut, on change si on le souhaite, on se regroupe, on s’isole, on partage… Bref, le champ des possibles est immense !
La posture de l’enseignant est différente en TPE qu’en cours disciplinaire quel que soit le lieu dans lequel se déroule la séance. Mais là encore, le 3C offre des plus-values. Physiquement, les élèves sont plus souvent debout, l’interaction avec eux est alors d’une nature différente. Et même quand ils sont assis, il est quasi naturel de prendre une chaise proche et de s’assoir avec eux, sans regarder leur travail de haut. On peut aussi travailler en extérieur, par terre…
L’usage des ultra-portables (et du BYOD) est un moyen performant de développer les usages responsables des outils numériques tout en construisant des compétences de collaboration, de création, de partage, d’entraide…

Tous ces éléments constituent un bilan qui sera probablement très différent dans quelques semaines car les pratiques que je peux avoir s’enrichissent au contact des collègues, des lieux (que l’on apprivoise encore), des ressources que l’on trouve en ligne (on n’est pas les premiers à passer par là !), de notre animateur culturel qui a beaucoup de choses à nous apporter et surtout au contact des élèves qui sont le moteur premier de notre métier !

 

S. Feller, enseignante Culure Générale en CPGE ECP (Economique et Commerciale, voie Professionnelle)
Dans le cadre de l’Accompagnement personnalisé proposé aux étudiants de CPGE ECP, nous avons choisi de travailler sur la maîtrise de l’expression écrite, à savoir en termes de lecture, d’écriture et d’orthographe (via le Projet Voltaire). Pour cela, nous souhaitions favoriser le travail en petits groupes et en autonomie, notamment autour de lectures partagées ou d’écriture collaborative. Les espaces du 3C (salles modulaires + petites salles à l’étage), les meubles modulables ainsi que l’accès aux ultra-portables nous semblent permettre un tel fonctionnement.

Vous pouvez trouver d’autres scénario et témoignages concernant les filières Sciences et Technologies de Laboratoire – spécialité Biotechnologies & Sciences et Technologies Sanitaires et Sociales et BTS afférents sur le site disciplinaire : http://ww2.ac-poitiers.fr/biochimie/spip.php?article296

22/10/2018 – P. Castro

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