Écrivains en partage : des cafés littéraires au lycée

A l’origine des cafés littéraires

Le dispositif « Des écrivains en partage » prolonge une rencontre organisée à Niort en 2013 par le Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes intitulée « la lecture au cœur d’un projet interprofessionnel » invitant les bibliothécaires, les professeurs documentalistes et les libraires à travailler ensemble « pour développer le goût et les pratiques de lecture auprès des jeunes, pour agir positivement sur l’image ou les modes de représentations du livre dans le monde numérique ». Ainsi, chaque année, des rencontres sont partagées entre le lycée Jean Monnet, la librairie Le texte Libre et la Bibliothèque municipale de Cognac.

Écouter, dialoguer, lire

Au lycée, le dispositif a pour but :

  • de faire découvrir aux élèves le domaine de la création littéraire par le biais de la littérature contemporaine
  • d’inciter à la lecture par la rencontre avec des écrivains

L’autre finalité est d’amener les lycéens, seuls ou en famille,  à fréquenter les autres lieux du livre que sont la librairie et la bibliothèque municipale, l’auteur étant toujours présent en soirée dans l’une de ces structures.

Les rencontres

Depuis 2015, chaque année, des lycéens, mais aussi le public de la librairie et de la BM, ont ainsi pu rencontrer un ou deux écrivains dans le cadre de ce dispositif :

2015

Andres Trapiello, écrivain espagnol

2016

Gaëlle Josse, écrivaine française

Sylvain Coher, écrivain français

Catherine Poulain, écrivaine française

2017

Pascal Vatinel, écrivain français (en partenariat avec l’association ‘Et derrière le livre’) 

Maram al-Masri, poétesse d’origine syrienne

2018

Olivier Truc, journaliste et écrivain français résidant en Suède

2019

Corine Pelluchon, philosophe française

Omar Youssef Souleimane, poète syrien résidant en France (en partenariat avec les rencontres ‘Hors les murs’ du festival Littératures métisses d’Angoulême)

Et d’autres rencontres sont d’ores et déjà envisagées…

Écouter ‘Le Grand Marin’

En cette période de confinement, les rendez-vous prévus d’Écrivains en partage sont bien sûr annulés (avec le poète Laurent Cennamo, rencontre envisagée en partenariat avec le Centre Intermondes de La Rochelle) ou reportés (avec l’écrivain Éric Plamondon). Mais on peut écouter Suliane Brahim, de la Comédie-Française, lire des extraits de Le Grand marin, de Catherine Poulain, qui était venue rencontrer les lycéens en décembre 2016, pour évoquer ce roman et sa vie.

Rencontre avec Inge Schilperoord

C’est après avoir voté pour le lauréat du prix Jean Monnet que nous avons eu la chance de rencontrer une auteure néerlandaise, Inge Schilperoord, lors d’une conférence en anglais. Une rencontre très enrichissante pour nous, qui avons pu entrer dans les étapes de construction du roman. Pour Inge, écrire n’est pas un métier, c’est une véritable passion. Cette dernière est psychologue en milieu carcéral. Elle a donc une grande expérience de la psychologie humaine, que l’on retrouve dans ses romans ; notamment dans La Tanche, roman qu’elle a présenté aux dix-huit jeunes membres du Jury et qui a été adapté au cinéma en Belgique. Dans son livre, l’auteure s’inspire d’un homme rencontré lors de son travail pour révéler les troubles psychologiques chez les pédophiles. Un sujet qui a quelque peu surpris les lycéens de par son sérieux et son importance dans la société actuelle mais qu’Inge a su défendre, plaidant l’importance de creuser derrière l’image donnée par nos actes. Cette conférence nous a donc fait réfléchir sur les opinions et comportements de l’être humain. Un grand merci à l’auteure pour son temps et sa gentillesse lors de la conférence.

Laura F. , membre du jury du Prix JMJE, Tale L, LJM, 11/2019

En savoir davantage ? Inge présente La tanche (en anglais)

Participer au Prix JMJE : “une incroyable expérience”

(Source de l’illustration : programme LEC)

Qu’est-ce que le prix Jean Monnet des jeunes Européens ? Il s’agit tout simplement de neuf lycées, représentés par dix-huit lycéens, réunis dans un seul but : élire le meilleur livre de la sélection de l’année, dans le cadre d’un prix décerné lors du Festival Littératures européennes de Cognac (LEC). Dix-huit lycéens, étrangers les uns aux autres, mais rapprochés par les mondes qu’ils ont chacun empruntés, en ouvrant Audrey et Anne, Les chasseurs dans la neige ou encore En mer. Trois mondes complètement différents mais qui ont su transporter ces jeunes, de la seconde au BTS. Il serait difficile de croire que si peu pourrait autant nous rapprocher, mais pourtant, à force de passion, de sérieux et d’entraide, nous avons réussi à monter un véritable projet qui a su souder un groupe jusque là constitué de pièces éparses. C’est donc un véritable tour de force réussi par ces dix-huit jeunes qui ont su former une équipe afin d’offrir le prix Jean Monnet des jeunes européens à Jean-Yves Laurichesse pour son roman, Les chasseurs dans la neige. De plus, nous avons eu l’occasion de monter sur scène pour des lectures, des présentations de projets ou encore des lectures de compliments, avant, tout simplement, de tous nous retrouver avec les auteurs. Une expérience enrichissante et gratifiante que Nicolas et Nathan, deux membres du jury, qualifieraient «d’amusante ».  Un grand bravo au jury ainsi qu’à leurs professeurs pour cette incroyable expérience !

Laura F., membre du jury, Terminale L, LJM. 11/2019

Jean-Yves Laurichesse, Prix JMJE 2019

Vendredi 15 novembre 2019, dans le cadre du Festival Littératures européennes (LEC), le jury a remis le 14e Prix Jean Monnet des Jeunes Européens à l’écrivain Jean-Yves Laurichesse pour son roman Les Chasseurs dans la neige.

Voici l’éloge qui a été prononcé par le jury du Prix Jean Monnet des jeunes Européens :

Jean-Yves Laurichesse, nous vous remercions d’avoir écrit le récit Les Chasseurs dans la neige, et de nous avoir permis de le lire. Nous vous remercions également d’avoir répondu présent aujourd’hui. Le tableau dont vous vous êtes inspiré nous donnait une base pour notre imagination. Mais votre livre a vraiment su sublimer le tableau et nous faire entrer dans l’univers peint par Pieter Bruegel. Vos personnages ont une sensibilité et une générosité qui sont bien mises en valeur grâce à vos mots, ce qui nous intègre dans leur cadre proche et nous aide à comprendre leur psychologie. La belle relation du peintre et de la jeune femme, bien qu’ambiguë, nous donne l’impression de connaître Pieter Bruegel sous un nouveau jour, tout en le laissant en partie mystérieux, attisant ainsi notre curiosité. Maeke, de son côté, est une personne hors du commun, par son courage et son intelligence.

Nous rajouterons que la lecture est simple, rendant ainsi l’œuvre accessible à un jeune public.

Votre écriture est très douce, poétique et fluide. L’absence de dialogue n’empêche pas de comprendre la communication entre les personnages. Tous ces éléments nous ont permis de suivre la création du tableau. Nous avons particulièrement aimé le passage où le peintre laisse Maeke découvrir le tableau achevé et celui où elle retrouve Pieter Bruegel avant sa mort.

La qualité de l’écriture, les personnages et l’ambiance de ce récit nous incitent à conseiller à tous la lecture de votre livre !

Le jury du Prix Jean Monnet des jeunes Européens

Images du Prix JMJE 2019

On l’on voit Emma en maître de cérémonie, Laura lire un extrait de Audrey et Anne de Jolien Janzig, le jury du Prix JMJE poser ses questions au côté de la critique littéraire Sophie Quetteville, les trois auteurs en lice, Toine Heijmans, Jolien Janzing et Jean-Yves Laurichesse, ravis d’être soumis à la question dans l’auditorium de la Salamandre de Cognac, et le lauréat, Jean-Yves Laurichesse, tout étonné d’être lauréat…

Liberté, j’écris ton nom

Mardi 4 juin 2019, les élèves de 1ère L ont rencontré l’écrivain Omar Youssef Souleimane*. Voici  le regard de Rose sur cette rencontre :

“Omar Youssef Souleimane nous a tout de suite tutoyés et nous a raconté des bribes de sa vie d’écrivain. Il vient d’une famille où chacun est une photocopie de l’autre, dans le sens où tous les membres de sa famille ont étudié et travaillent dans des domaines scientifiques. Or, bien qu’il ait également passé un bac scientifique, il a toujours préféré la littérature. La société syrienne ayant “un regard” constant sur ses habitants, il était inacceptable pour les parents d’Omar qu’il fasse des études littéraires. Ça ne l’a pourtant pas empêché de partir dans une université qui rencontrait ses envies. Sa famille n’a pas apprécié. Pour elle, un “intello scientifique” est plus intelligent qu’un professeur de français. Il nous raconte qu’ensuite il est devenu journaliste, ce qui est pour lui un “métier excitant”. Il ne regrette rien car, dit-il, “quand on aime quelque chose, on s’en fout des autres”.

Apprendre le français avec Plus belle la vie 

Arrivé en France en 2012, il a appris le français très vite, mais ça n’a pas été facile car notre langue n’a rien de similaire à l’arabe. Il a surtout des difficultés avec les déterminants : “j’avais le vertige” dit-il. Sa technique pour ne pas faire d’erreur ? Acheter tout par deux (c’est ce qu’il fait à la boulangerie : « deux baguettes, s’il vous plaît »). Pour améliorer son français il a avoué regarder Plus belle la vie à la télévision. On peut comprendre que son vocabulaire lui vient de ce qu’il entend autour de lui… genre, il parle comme nous, les ados, et s’exprime dans un langage plus familier que soutenu. Cependant, il maîtrise la langue, et son éditrice a exigé de lui qu’il réécrive lui-même son livre, Le Petit terroriste, en français.

Écrire est pour lui un moyen de comprendre ce qui lui est arrivé. Il nous confie que dans le monde arabe, les médias véhiculaient une bonne image de Ben Laden, image malheureusement fausse. Il a commencé à se poser des questions sur sa religion.  Il a relu le Coran sans préjugés et pris ses distances avec la religion. Il nous pose d’ailleurs cette question : “A-t-on le droit de critiquer tout ce qu’on veut ? »

Penser en français et rêver en arabe

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Rencontre avec Omar Youssef Souleimane

On écoute l’histoire du Petit terroriste, on dialogue, on échange à voix haute ses poèmes… ceux d’Omar, extraits de  Loin de Damas ( éditions Le Temps des Cerises, traduits par Salah Al Hamdani & Isabelle Lagny) et ceux des lycéennes.

En automne 
                      Le bord des feuilles entaille mon cœur
                      Un seul arbre fleurit dans l’absence
                      Irrigué par les murmures de ma mère

Omar Youssef Souleimane

 

Café Philo au lycée : rencontre avec Corine Pelluchon

« Nos rapports aux animaux sont un miroir dans lequel nous voyons ce que nous sommes devenus au fil des siècles. Ce ne sont pas les horreurs dont notre espèce se rend coupable en exploitant d’autres êtres sensibles qui apparaissent dans ce miroir, mais le visage blafard d’une humanité en train de perdre son âme. » 

Manifeste animaliste

 

Corine Pelluchon est philosophe et enseigne à l’université Paris-Est. Ses ouvrages abordent la question de l’éthique en lien avec l’écologie, le souci des autres et celui des animaux : ce qu’elle appelle l’éthique de la considération. Dans le Manifeste animaliste, elle se fait l’avocate de la cause animale. Elle a rencontré, mardi 3 avril 2019, les élèves de 1ère L et de Tale L, pour parler principalement de ses deux derniers ouvrages : le Manifeste animaliste (2017) et l’Éthique de la considération (2018). Des questions avaient été préparées par les élèves de Tale L pendant le cours de philosophie, avec leur professeur, M. Commagnac.

La cause animale est la cause de l’humanité 

Pendant presque 1 heure et demie, Corine Pelluchon a répondu aux questions des élèves. Elle est revenue sur son parcours de formation, a évoqué son cheminement vers l’animalisme, conjugué militantisme et concepts philosophiques et prononcé un hommage passionné à Emmanuel Levinas.

Un Café Philo plein de vie à  (ré)-écouter.

Un mouvement est né 

Et tendez l’oreille ! A la fin de la rencontre, Rose et Laura (1ère L) lisent ensemble la fin du Manifeste.

Cette rencontre s’inscrit dans le dispositif ‘Écrivains en partage’, en partenariat avec la librairie le Texte Libre et la Bibliothèque municipale.

François-Henri Désérable, Prix JMJE 2018

(F.-H. Désérable à LEC, le 16/11/2018. Photo : Club Photo LJM)

Jeudi 15 novembre 2018, dans le cadre du Festival Littératures européennes (LEC), le jury a remis le 13e Prix Jean Monnet des Jeunes Européens à l’écrivain François-Henri Désérable pour son roman Un certain M. Piekielny.

Voici l’éloge qui a été prononcé par le jury du Prix Jean monnet des jeunes Européens :

François – Henri  Désérable,

Dans le cadre du prix Jean Monnet des jeunes européens, nous avons lu trois œuvres, dont la vôtre, que nous avons particulièrement appréciée.

Un jour, des circonstances improbables vous amènent sur les traces de Romain Gary, à Vilnius en Lituanie, devant l’appartement dans lequel il a passé son enfance. D’après La Promesse de l’aube, son roman autobiographique, M. Piekielny alors assimilé à une souris triste était le voisin du jeune Roman Kacew, futur Romain Gary. Interpellé par les prédictions d’un futur grandiose et les éloges sans limites de la mère de l’enfant, M. Piekielny désirait que le garçon se souvienne de lui une fois devenu célèbre, simplement en prononçant son nom devant les grands hommes qu’il rencontrerait afin de ne pas tomber dans l’oubli.

Vous avez donc traqué la vie d’un Lituanien juif anodin du siècle dernier sur simple évocation de sa personne, en n’ayant quasiment aucune information à son sujet et dont l’existence est toujours incertaine.

Nous vous remercions de nous avoir plongé et transporté entre fiction et réalité dans cette enquête. Le fait que vous vous retrouviez par hasard à Vilnius devant le lieu où a habité Romain Gary, l’auteur de La promesse de l’aube, cette ouvre qui vous a autant passionné plus jeune, qui nous a également fasciné. Car en tant que lecteur nous avons pu nous retrouver en vous, nous reconnaître.

Tout cela a créé le déclic qui vous a fait entreprendre ce roman sous la forme d’un « jeu de piste littéraire ». Nous avons également aimé le fait que ce roman comporte une dimension historique en rappelant les évènements tragiques du passé lituanien comme les exécutions massives et toutes le reste des horreurs de la Shoah et nous rappelle notre devoir de mémoire envers eux. De plus vous mêlez ces faits réels à d’autres éléments fictifs tout comme l’a fait Romain Gary. Continuer la lecture de « François-Henri Désérable, Prix JMJE 2018 »