Critique du film « Sans toit ni loi »

Sans toit ni loi est un film français construit comme une tragédie  sorti en salle en décembre 1985, réalisée et écrit par Agnes Varda, une cinéaste et photographe pratiquant une approche cinématographique différente. AGnès Varda était pprocha de la nouvelle ère cinématographique appelée Nouvelle Vague. Ce « mouvement » est caractérisé par la volonté du réalisateur de vouloir changer les choses, appréhender le cinéma différemment et de souvent vouloir dénoncer certains aspects de la société.

C’est justement l’objectif que s’est encore fixé Agnès Varda avec son film Sans Toit Ni Loi. Celle-ci, après avoir rencontré par hasard une «routarde », et effectué un bout de chemin avec celle-ci décidera de lui rendre hommage en réalisant une sorte de « vrai-faux » documentaire sur le sujet.

Sans Toit Ni Loi nous fait suivre l’aventure de Mona (incarnée par Sandrine Bonnaire), une jeune femme vagabonde, personnage singulier et vivant dans la solitude, errant sans objectif et effectuant de nombreuses rencontres. Une grande majorité n’y prêtera guère attention. Seuls deux protagonistes s’attacheront à Mona. Au fur et à mesure sa situation se dégrade. Celle-ci va perdre ses effets personnels et pendant longtemps agonisera, prise par le froid et finira par ne plus s’en relever… Mona disparaîtra sans laisser de trace, comme oubliée de la société.

Une forte impression d’authenticité se dégage de ce film. Il faut se dire une chose, si le jeu d’acteur semble irréaliste et faux, cela n’est pas du au hasard. En effet, les acteurs ont été choisis en fonction de leur profession et situation sociale afin de convenir parfaitement à leur rôle. Ainsi, une majorité des acteurs présents jouent leur propre rôle, dont certains « vagabonds ». Cela est né d’une volonté d’Agnes Varda de vouloir recréer avec exactitude une potentielle réalité, pouvant être vécue réellement par un de ces « vagabonds ».

Agnès Varda va, réellement s’impliquer dans la réalisation de ce film et n’hésitera pas à rechercher informations et témoignages auprès de personnes dans la même situation que le personnage principal. Elle contrôle l’ensemble de la réalisation, choisira elle-même l’emplacement de chaque personnage, chaque objet, garantissant une réalisation pointue, non hasardeuse. Aussi, de nombreuses références et symboles sont glissés à de nombreuses reprises tout au long du film et donnant des indices pertinents quand aux potentiels événements à venir.

Malgré la forte implication d’Agnès Varda dans la conception du film, celle-ci réussira à faire en sorte que le film garde une « position » neutre quand au sujet traité. Ainsi, l’absence de ton “moralisateur” permet au spectateur de se forger sa propre idée.

Bien qu’il ne faut pas renier la noblesse de l’acte qu’effectue Agnès Varda dans Sans Toit Ni Loi en rendant hommage à une partie délaissée de la population (dénonce l’intolérance), celle-ci ne courant pas particulièrement après l’audience et à un cinéma « conventionnel » à destination du grand public, il est difficile de cerner quel public pourrait être intéressé par le visionnage de Sans Toit Ni Loi, cela est dû à l’absence de scénario « attirant », suscitant un « intérêt ». Sans Toit Ni Loi reste, accessible exclusivement à un public averti.