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Essai – storymap sur “Une maternioté

Posted by Michaël PIAT on 8 avril 2022 in Non classé |

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Nom de code: père Noël

Posted by Michaël PIAT on 9 décembre 2021 in Non classé |

Nom de code : père Noël

Mission officielle : apporter des cadeaux

Sa véritable mission : faire exploser les codes de Noël !

  La figure du père Noël que nous offrent Béatrice Tillier et Philippe Bonifay avec Mon voisin le père Noël, Sfar et Munuera dans Merlin contre le Père Noël ou encore Tronchet dans Houppeland (le tome 1), bouscule les habitudes prises avec les traditionnels et bien mièvres téléfilms de Noël.       Georges n’est pas un mauvais bougre, un cadre supérieur totalement banal, que sa rencontre avec son presque voisin de palier, bouleverse totalement. Georges n’est peut-être pas si lisse, en fin de compte…Ce premier père Noël est comme l’ange du destin qui révèle les fautes, les siennes, celles des autres, mais pas ses propres failles. Le plus fou des deux n’est peut-être pas celui que l’on croit – pas forcément le moins sage non plus.     Une tempête de folie agite les esprits de merlin, l’enfant Merlin, déjà en possession du pouvoir de faire une soupe incroyable mais peu recommandable, assaisonnée au croupion de cochon. Le père Noël en perd tant la raison qu’il devient un ogre… un ogre qui, comme tous les ogres, c’est évident, veut manger les enfants ! Voilà un prétexte drôlissime pour entrer dans la société des ogres, des « monstres [qui] valent mieux que ceux qui les nomment et le spectacle de ces ogres de tous les pays s’avère assez réjouissant ». On est terrifié de rire autant, on est rassuré quand les auteurs nous rappellent que Noël ne concerne pas tout le monde sur terre…     Mais dans la société que dessine Tronchet, tout le monde fête Noël. Tous les jours. C’est une obligation imposée par le président de Houppelande. Des joyeux drilles circulent pour vérifier, jusque dans les maisons à l’heure du réveillon, que les convives sont heureux et célèbrent Noël avec des cadeaux amusants et de bonnes blagues. René Poliveau est le grain de sable – par amour pour une femme qui a mauvaise réputation, chaque fois dénoncée par les braves gens que le pouvoir sollicite. De coups de théâtre en révolutions de palais, René Poliveau devient, sans en revêtir le costume, un père Noël de liberté. On l’aura, j’espère, deviné : ces trois BD dénoncent à leur façon, avec humour et tendresse, l’obligation d’être servilement heureux dans une société de consommation dont le cadeau de Noël devient l’emblème, plus encore que le père Noël lui-même. On peut devenir pour soi-même son propre père Noël, et se libérer, si on s’accorde un peu de temps et de repos - joyeux Noël ! …  

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Le monde cartographique d’Astérix – épisode 2

Posted by Michaël PIAT on 30 septembre 2021 in Non classé |
Le Tour de Gaule d'Astérix reste une promenade dans l'humour et la gastronomie franco-gauloise, entre Romains et sangliers. Nous avons tous en tête la carte tracée au sol par Astérix - carte qui, étymologiquement, désigne le support sur lequel est tracée la carte, la représentation. La carte se veut similaire à l'espace qu'elle donne à voir, mais pas la Gaule ! Elle se veut aussi conforme par la correspondance annoncée entre les villes traversées, nous devrions dire les cités, et les villes dans le monde physique. Un internaute s'est amusée à retracer sur une carte interactive le chemin suivi par nos deux héros... Le décalage est frappant, l'effet de réel de la carte d'Astérix ne tient pas face à la conformité de la seconde carte ! Le tour de Gaule semble plus assurée dans le second cas 🙂

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Le monde cartographique d’Astérix – épisode 1

Posted by Michaël PIAT on 13 juillet 2021 in Non classé |
Chaque album des aventures de l'incroyable et surpuissant petit Gaulois est introduit avec un texte et une carte. Nous en proposons ici une lecture particulière... La page de garde de chaque album d’Astérix est sans doute une des pages les plus familières du grand public comme des élèves. Elle offre une belle initiation à la transposition en langage cartographique d’un texte géographique. Bien sûr, la rigueur scientifique attendue dans les épreuves d’E3C n’est pas le souci de René Goscinny et d’Albert Uderzo, qui utilise le langage de la bande dessinée pour transposer leur texte et faire correspondre la carte et le texte. Il n’empêche : une corrélation intéressante existe entre le texte et la carte. Nous disposons d’un certain nombre d’informations de temps et d’espace. Placées au Ier siècle avant J.-C., les aventures d’Astérix se déroulent dans un contexte géopolitique particulier : après la conquête des Gaules, présentées comme « la Gaule », tandis que la carte expose une nomenclature confuse, entre une Gaule en majuscule et des provinces aux dénominations inexactes, qui doivent parler tant de l’Antiquité que de la France des années 1950, dans une nomenclature également en majuscule mais dans une taille de caractère inférieure. Difficile de se situer dans l’espace historique des Gaules romaines avec ces indications ! La conquête elle-même ne se lit pas de manière conventionnelle : aucun graphisme ne montre aux lecteurs l’emprise des Romains sur ces territoires. Un seul élément polysémique la suggère : le [xxx]. Tel que Goscinny le plante, il produit un impressionnant effet de 3D, avec une vue en plongée et une ombre terrifiantes. L’objet est en effet planté : le choc contre la terre la fissure, non seulement, peut-être, en plusieurs provinces romaines telles qu’elles sont dites par la nomenclature, mais sans doute aussi pour suggérer l’écho de l’implantation et de la diffusion du pouvoir romain sur toute la « Gaule » au singulier. Diffusion à venir puisque nous ne sommes qu’au début de la romanisation de ces espaces. Les fissures peuvent aussi suggérer l’enracinement en profondeur à venir de la romanisation. Un seul élément pourtant confirme la romanisation au-delà de l’emblème du pouvoir romain : la cité de Lutèce, ancêtre de Paris, alors que Lyon devient la première capitale des Gaules – à qui s’adressent alors les auteurs avec cette carte ? Question déterminante en cartographie. La BD est-elle pour un lectorat qui ne peut penser l’organisation contemporaine de la France dans les années 1950 sans envisager une autre centralité que la centralité parisienne, ou les auteurs refusent-ils de s’affranchir de cette centralité pour conquérir commercialement le lectorat habitué à cette fausse centralité dans la deuxième moitié du Ier siècle av. J.-C. ? La cité reste néanmoins associée au figuré ponctuel du cercle, ce qui n’est sans doute pas par hasard : le carré suggère en sémiotique de la cartographie une certaine stabilité, pour ne pas dire une fixité certaine, tandis que le cercle est perçu comme une figure qui peut s’étendre – de Lutèce à Paris ? Le texte envisage ensuite une résistance sur ce territoire : un « village » s’oppose aux Romains, le village des célèbres « irréductibles » Gaulois. Changement d’échelle donc, avec une traduction dessinée aussi forte que l’effet produit : une loupe posée sur le village. Le changement d’échelle correspond à un effet de zoom mais sur la carte elle-même, ce qui laisse les deux espaces, l’espace gaulois sous l’empire de Rome et l’espace du village encore indépendant, totalement associé. Une question se pose : où se trouve ce terrible village que César ne soumet jamais ? Normandie ou Bretagne ? La forme du trait de côte et l’effet de loupe suggère les deux littoraux du nord-ouest de la France actuelle mais la présence de trois rochers dans la mer rappelle le cap d’Erguy dans le nord du Finistère. Au fond, peu importe, sinon pour la gloire touristique des lieux qui revendiquent cette association géo-bédésque. Nous pouvons remarquer que cet effet de loupe est une réponse à l’emblème romain qui n’écrase pas finalement toute la carte. Cette carte, enfin, évoque cette géographie vidalienne des années 1950, tout entière consacrée au relief, aux formes physiques du territoire, premières études de tout manuel de géographie. Les massifs montagneux et l’hydrographie sont reproduits avec une exactitude impressionnante, comme une page de manuel ou de livre de géographie, que chaque petit.e Français.e doit savoir reconnaître, comme si cette France existait dès la Gaule – remarquons que la carte semble à l’échelle nationale, celle de la France, pas vraiment à l’échelle des Gaules, ni à l’échelle des peuples celtiques, ni élaborée selon les informations que les Romains affectionnent de spatialiser. Finalement, la codification du texte en image – une carte est avant tout une image – produit un discours bien plus complexe que le texte lui-même, riche de sens et d’ambiguïtés. Les deux sont indissociables, mais la carte enrichit le texte. Dans ce cas de figure, la carte n’est pas reproduction graphique du texte, ni équivalence stricte, elle transpose dans un autre langage les informations que contient le texte, et l’enrichit de représentations propres à l’époque des auteurs, même si certains éléments de leur langage cartographique sont encore utilisés aujourd’hui. Pour que fonctionne ce passage d’un langage à l’autre, il faut établir un compromis entre leur travail d’écriture de l’histoire racontée dans le texte d’introduction aux aventures d’Astérix et Obélix, et leur travail de maîtres de la bande dessinée qui ne font pas œuvre de géographique historique ou contemporaine, mais qui veulent spatialement informer leurs lecteurs et les faire rire – on peut supposer que l’effet de loupe annonce aussi les « gros nez » des personnages, les exagérations à venir, les mécanismes de la caricature, donc les déformations. Les auteurs provoquent avec la carte et la loupe, avec les informations spatio-temporelles, un effet de vérité qu’il faut impérativement contextualiser et déconstruire, au risque sinon de prendre cet effet au pied de la lettre. La vérité de la carte est donc relative et reste un point de vue, celui des auteurs. N’oublions pas que l’effet de loupe est un effet grossissant, donc déformant, comme si l’histoire qui doit se dérouler sur la carte est une histoire déformée mais qui prend pied sur un espace qui a existé – de tout temps comme la carte physique pourrait le laisser entendre ?

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Blog Back – un bel été pour préparer une belle saison à venir

Posted by Michaël PIAT on 13 juillet 2021 in Non classé |
Le covid et d'autres imprévus à la fois personnels et professionnels ont suspendu pendant quelques mois ce blog, dont la reprise est annoncée dès aujourd'hui ! La douleur générée par l'épidémie ne doit pas nous empêcher de vivre et de rire, "à en crever" s'il le faut, comme l'écrivait Albert Cohen dans un autre contexte, ou à la manière tendre et délicate de Roberto Benigni dans son film "la vie est belle" (1997). Deux suggestions de lecture présentées sur France Info le rappellent avec force et intelligence. UN AN DEJA... ET CE N\'EST PAS FINI ! L'émission s'écoute sur la page de la radio. Bel été, bonnes lectures et courage !

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Les Indes fourbes

Posted by Michaël PIAT on 21 janvier 2020 in Non classé |
Aventurier par nécessité, escroc par vocation, maqueraud par opportunisme, toujours gibier de potence en sursis, don Pablos de Ségovie monte l'arnaque du XVIIe siècle, servie en plusieurs dizaines de planches par deux auteurs inspirés. De l'Espagne à l'Amérique, du garnement des rues de Ségovie, au maraud des montagnes andines, Pablos nous prend dans son rêve de folie et de grandeur. Ses pieds entraînent les nôtres dans une quête incroyable, celle du mythique El Dorado. Un déroulement en trois séquences, des cascades d'humour, de références et d'imagination, fondé sur une recherche historique et une littérature prolongée par l'esprit d'Ayroles et le dessin de Guarnido. Le vagabond filou, fraudeur et faussement lâche, oscille entre zénith et nadir d'une carrière finalement réussie de magouilleur magnifique. Embarquez pour les Indes fourbes ! Esclaves, hidalgos, courtisans, soldats, marchands, marins et va-nus-pieds sont du voyage.

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Maria et Salazar

Posted by Michaël PIAT on 20 janvier 2020 in Non classé |
Parce que Maria a quitté Salazar pour rejoindre son mari en France et servir la famille de Robin Walter, l'auteur de ce récit témoignage, le.a lecteur.rice est peu à peu immergé.e dans une histoire à plusieurs entrées. L'histoire de Maria tout d'abord, qui vient de Ramalheiro, lointain village portugais. L'histoire de Manuel, son mari, qui cherche du travail en France. L'histoire de Robin, l'auteur et narrateur, transcripteur et passeur d'une mémoire et d'une histoire qui dépassent celles de ce couple portugais et de sa famille qui ouvre sa maison à Maria, son employée. C'est l'histoire de deux pays séparés de quelques encablures, une dictature qui pousse à l'exil, une démocratie qui a besoin de main d'oeuvre. C'est l'histoire d'une maison et d'une terre. L'auteur, finalement, prend peut-être conscience qu'il n'a pas seulement habité la maison de sa famille, mais aussi le Portugal. C'est l'histoire d'une femme qui, pour habiter sa maison, a dû quitter sa terre et fonder sa famille ailleurs. C'est l'histoire d'un voyage parmi d'autres, par-delà les frontières et le temps, comme en ont vécu des centaines de milliers de Portugais, portée, non sans émotion, par un trait sobre et réaliste, et une narration sûre qui alterne récit d'histoire et récit contemporain, en noir et blanc, sur quelques dizaines de pages, par un auteur qui mérite une belle diffusion.

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Une maternité rouge

Posted by Michaël PIAT on 20 janvier 2020 in Non classé |
Christian Lax nous offre un récit intelligent et subtil, qui interroge nos rapports à l'autre, à l'art, à l'histoire. Quand un arbre explose, il libère une statue et une histoire. Grâce au doigté de Lax, dans le trait comme dans la narration, nous suivons Alou, jeune Malien, qui reçoit la mission de protéger cette statue. Il doit alors suivre un route peu ordinaire, qui le portera jusqu'en France, au coeur des réserves africaines du Louvre. Cette histoire contemporaine est aussi une reconstitution du parcours de ces hommes et de ces femmes souvent traités comme des envahisseurs, dont l'histoire est ignorée mais dont les traits sont jetés en pâture à l'ignorance et à la haine. Alou ne doit pas seulement sauver sa vie : il porte, en cette statue du XVIème épargnée de la convoitise des Français quand ils quittèrent le Mali en 1960, la patrimoine et l'identité d'un peuple. Protéger cette statue, c'est protéger toute l'humanité qu'elle véhicule en ce qu'elle l'expression artistique d'un groupe humain. L'art n'est pas seulement fédérateur, il devient, selon Jean-Paul Changeux, "le fondement de l'humanité".

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Franchir une frontière avec Astérix…

Posted by Michaël PIAT on 7 janvier 2020 in Non classé |
La BD Astérix et les Goths met en scène, sur le limes rhénan, un des critères de définition de la frontière retenu par Michel Foucher : « la distinction entre le dedans et le dehors, en délimitant le cadre de la définition de citoyenneté ». Il s’agit bien de marquer l’identité sur l’espace. Selon le même auteur, « la frontière internationale est la limite entre deux souverainetés étatiques, entre deux ordres juridiques, deux systèmes politiques, monétaires, deux histoires nationales. Elle est une discontinuité et un marqueur symbolique ». De part et d’autre de la frontière dans la bande dessinée, le sol est différent : le pavé romain, soit la nature domestiquée par le génie militaire, pour ne pas dire la civilisation ; de l’autre côté, la terre à nue, non domestiquée et non romanisée, soit l’espace dénuée de civilisation. Représentée dans la bande dessinée non par une ligne continue, mais par des pointillés, elle est ligne en mouvement, toujours susceptible de nouvelle définition, difficile à marquer définitivement et clairement dans l’espace, ce qui est le cas pour le limes rhénan. Les pointillés rappellent que la ligne peut être traversée, la frontière est zone de passage entre deux espaces de natures différentes. Au passage, on peut supposer que Uderzo et Goscinny savaient que le limes rhénan avait été tracé selon une ligne arbitraire sans prendre en compte la topographie et cette dernière doit s’adapter aux usages de la frontière : les pointillés sont tracés dans la BD sans lien avec la nature, qui est aménagée pour que la frontière soit visible. Elle est donc espace d’interface et d’interaction. Elle concrétise une séparation mais aussi une extension et une réduction des espaces dont une possible compétition dans la cohabitation. Assurément, une volonté de contrôle, qu’elle soit démilitarisée ou non. Il faut être autorisé.e pour franchir la frontière ; Astérix se plaint des « formalités », puisqu’il doit exposer une identité qui lui semble évidente. La frontière est sécurité donc espace protecteur mais à protéger aussi, pour garantir cette sécurité. Les usages de la frontière précisent sa définition : barrière, interface, territoire.

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En 2020…

Posted by Michaël PIAT on 7 novembre 2019 in Non classé |
 

Saison 2 Premières sélections !

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