http://www.eternels-eclairs.fr/biographie-louis-aragon.php
Les ombres se mêlaient et battaient la semelle
Un convoi se formait en gare à Verberie
Les plates-formes se chargeaient d’artillerie
On hissait les chevaux les sacs et les gamelles
Il y avait un lieutenant roux et frisé
Qui criait sans arrêt dans la nuit des ordures
On s’énerve toujours quand la manœuvre dure
Et qu’au-dessus de vous éclatent des fusées
On part Dieu sait où ça tient du mauvais rêve
On glissera le long de la ligne de feu
Quelque part ç a commence à n’être plus du jeu
Les bonshommes là-bas attendent la relève
Le train va s’en aller noir en direction
Du sud en traversant les campagnes désertes
Avec ses wagons de dormeurs la bouche ouverte
Et les songes épais des respirations
Il tournera pour éviter la capitale
Au matin pâle On le mettra sur la voie
De garage Un convoi qui donne de la voix
Passe avec ses toits peints et ses croix d’hôpital
Et nous vers l’est à nouveau qui roulons Voyez
La cargaison de chair que notre marche entraîne
Vers le fade parfum qu’exhalent les gangrènes
Au long pourrissement des entonnoirs noyés
Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu
Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille
Qu’un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre
Et toi le tatoué l’ancien Légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux
Roule au loin roule train des dernières lueurs
Les soldats assoupis que ta danse secoue
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
Cela sent le tabac la laine et la sueur
Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées
Vous étirez vos bras vous retrouvez le jour
Arrêt brusque et quelqu’un crie Au jus là-dedans
Vous bâillez Vous avez une bouche et des dents
Et le caporal chante Au pont de Minaucourt
Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s’efface
Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri
Pour découvrir sa vie et son oeuvre ainsi que son implication dans la première guerre mondiale :
I.
Dans le brouillard la fusillade crépite et la voix du canon vient jusqu’à nous
Le bison d’Amérique n’est pas plus terrible
Ni plus beau
Affût
Pareil au cygne du Cameroun
II.
Je t’ai rogné les ailes, ô mon front explosible
Et tu ne veux pas du képi
Sur la route nationale 400 mille pieds battent des étincelles aux cliquetis des gamelles
Je pense
Je passe
Cynique et bête
Puant bélier
III .
Tous mes hommes sont couchés sous les acacias que les obus saccagent
Oh ciel bleu de la Marne
Femme
Avec le sourire d’un aéroplane
On nous oublie
Octobre 1914
Dans le cadre de la séquence 1 : L’enfance racontée… Comment et pourquoi raconter son enfance ?
A apprendre pour le Mardi 7 Octobre
en sachant situer l’auteur dans son temps et le présenter
rapidement (cf. Fiche de Compétence : dire de mémoire un texte du patrimoine littéraire)
Pour remplir la partie biographie, je vous conseille :
– une notice du DICTIONNAIRE ( NOMS PROPRES), ce seront des connaissances amplement suffisantes.
– le site du COLLEGE DE FRANCE où Yves BONNEFOY a tenu une chaire.