
Voilà la question qui va servir de support à une dissertation sur le sujet du rôle du poète dans la société . Qu’est-ce que la poésie et qui sont le poètes au fil des siècles ? Comment conçoivent-ils leurs rapports avec la société, l’art , la politique? pas facile de répondre à ces questions d’une seule voix car les poètes ne sont pas tous d’accord entre deux sur les réponses à apporter. La connaissance de l’histoire de la poésie ainsi que la connaissance de ce qu’ont dit les poètes à propos de leur art , sont deux réservoirs d’idées à partir desquels vous pourrez articuler votre réflexion personnelle qui servir are base à la démarche de la dissertation. A partir du document ci -dessous, vous allez pouvoir résumer les positions de quelques poètes du dix-neuvième siècle comme Baudelaire, Rimbaud, Gautier, Mallarmé. Lisez le document et effectuez des regroupements qui finiront par composer un plan de dissertation
Au cours du XIXe siècle, certains écrivains récusent l’engagement politique et social de leurs prédécesseurs, les « prophètes » romantiques, pour se replier sur des valeurs esthétiques et formelles. Cette « dépolitisation de la littérature » réagit à l’avènement au pouvoir, dès 1830, de la bourgeoisie conservatrice. Charles X restaure la censure et la liberté d’expression est menacée.Théophile Gautier est le fondateur de la doctrine de l’art pour l’art. Dans la préface de Mademoiselle de Maupin (1835), il oppose le beau, valeur esthétique de l’artiste, à l’utile, valeur bourgeoise par excellence : « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ». Ce rejet de l’utilitarisme et cette revendication d’une autonomie de l’art récusent d’une part la morale dans la littérature, d’autre part l’action sociale et les partisans d’un art social, souvent proches de l’opposition au pouvoir.

L’image de la fenêtre symbolise cette dissociation de l’art et de la politique. Elle apparaît déjà, sous la plume de Gautier, dans la préface d’Albertus (1832) : « L’auteur du présent livre n’a vu du monde que ce que l’on en voit par la fenêtre, et il n’a pas envie d’en voir davantage. Il n’a aucune couleur politique ; il n’est ni rouge, ni blanc, ni même tricolore ; il n’est rien, il ne s’aperçoit des révolutions que lorsque les balles cassent les vitres ». En 1852, au moment où l’hégémonie bourgeoise culmine avec l’effondrement sanglant des espoirs républicains et l’instauration du Second Empire, Gautier reprend le thème du poète travaillant toutes « vitres fermées » sur les désordres politiques de la rue C’est tout particulièrement le poème intitulé « L’art » (1957), repris dans l’édition définitive d’Emaux et Camées (1872), qui sert de manifeste littéraire à la doctrine de l’art pour l’art. Le travail poétique y est réhabilité, par opposition à l’immédiateté de l’épanchement lyrique, mais aussi au travail utilitaire visant à la production des marchandises. Gautier revendique une poésie plastique, sculptée comme un marbre antique . Les matériaux précieux de l’onyx ou de l’agate auxquels est comparé le vers poétique supposent une nature traitée comme ornement et extraite de tout contexte d’expérience, au contraire de la profondeur du paysage romantique. Le vers est bref, lapidaire et tranché, contrastant avec l’ampleur de l’alexandrin. Le poète devient artisan, orfèvre et sculpteur de mots.

Cette tendance esthétique est présente chez de nombreux d’auteurs, comme Baudelaire qui dédie à Gautier ses Fleurs du Mal, mais aussi Flaubert et son idéal d’un « livre sur rien », d’un livre « qui se tiendrait lui-même par la force interne de son style ». L’éducation sentimentale raille d’ailleurs l’engagement brouillon du poète Lamartine dans la révolution de 1848, en ironisant sur son impuissance politique. Surtout, la doctrine de l’art pour l’art aboutit à la création du mouvement parnassien, avec la publication en 1866 d’un recueil collectif intitulé Le Parnasse contemporain. « L’art » de Gautier devient l’art poétique des parnassiens, qui radicalisent la minéralisation néoclassique du langage poétique . Le fameux « Vase brisé » de Sully Prudhomme désigne la cristallisation glacée du sentiment, le vase étant une figure du coeur transi, mais aussi du poème lui-même en tant qu’objet esthétique. Si la brisure du vase est sentimentale, elle indique toutefois une tension constitutive de l’idéal parnassien, entre un absolu de la perfection formelle et les innovations modernes. Le Parnasse se fige dans un conservatisme académique et dans une logique d’exclusion, rejetant des poètes qui ont participé à ses débuts, comme Mallarmé ou Verlaine, et qui seront au coeur de l’émergence symboliste. Quant à Rimbaud, dont Le Parnasse contemporain a refusé trois de ses premiers poèmes, il parodie la préciosité idéaliste dans « Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs », un poème qu’il adresse à Théodore de Banville avec une lettre toutefois fort admirative. Contrairement au désengagement politique des tenants de l’art pour l’art, Rimbaud prend parti pour les insurgés de la Commune (1871) et rédige des poèmes communards.

1886 est l’année du tournant du Parnasse au symbolisme, avec la création de la revue La Vogue, où paraissent la plupart des Illuminations de Rimbaud, et la publication, dans Le Figaro du 18 septembre, du manifeste symboliste de Jean Moréas : « la poésie symbolique cherche à vêtir l’Idée d’une forme sensible ». Moréas prône une conception analogique de la réalité matérielle, qui serait en continuité avec une essence idéale : « Tous les phénomènes concrets ne sauraient se manifester eux-mêmes : ce sont là des apparences sensibles destinées à représenter leurs affinités ésotériques avec les Idées primordiales ». Toutefois, cet idéalisme absolu de la pensée symboliste est parcouru de paradoxes. Par certains aspects, il engage un matérialisme absolu qui tient à la conception du symbole comme « forme sensible » de l’idée. Le poète symboliste se pose ainsi en récepteur d’un rythme universel, dont il traduit passivement les « vibrations » en symboles expressifs. Dans le Traité du verbe (1886), René Ghil instaure un système de synesthésies verbales fondé à la fois sur la physique ondulatoire et sur une métaphysique de la pensée. « Le Son peut être traduit en couleur, la Couleur peut se traduire en Son », parce qu’une totalité cosmique, unissant la matière et l’esprit, vibre d’une même pulsation universelle.

Cette idée symboliste de la continuité, Mallarmé la met en évidence en relevant dans Crise de vers l’émergence du vers libre . Il s’agit de la plus importante innovation formelle du symbolisme avec le monologue intérieur . Rompant avec la mesure syllabique du mètre, le vers libre vise à restituer une « unité de pensée » ou de « signification » , c’est-à-dire une unité rythmique – . Mallarmé lui-même « touche » peu au vers, restant attaché aux potentialités structurales de l’alexandrin ; D’une manière générale, la trajectoire de Mallarmé va du Parnasse au symbolisme.
Dans le texte encore parnassien des « Fenêtres », Mallarmé reprend le poème-vitre de l’art pour l’art, tout en révélant sa matérialité formelle. Le poème met en scène un moribond à sa fenêtre d’hôpital, figure du poète en quête de « l’azur ». Le poète pour Mallarmé est séparé du monde par une vitre .
Dans Crise de vers (1886-1996), manifeste de la poésie pure, Mallarmé associe un idéalisme du signifié poétique à une matérialité du signifiant poétique, dans ses dimensions visuelles et sonores. Le signe absente la chose, révélant sa propre identité sensible. « Je dis : une fleur ! et […] musicalement se lève, idée même et suave, l’absente de tout bouquets. » La poésie devient Aboli bibelot d’inanité sonore .

Laurent Gaudé a choisi, dans ce livre qui évoque l’espoir des migrants de parvenir en Europe, de nous montrer les difficultés du parcours de Soleiman, une jeune soudanais qui , au départ, décide de quitter Port- Soudan avec son grand frère . Il va tout d’abord devoir affronter l’inconnu : se retrouver seul, entourés de gens qu’il ne connaît pas ; Il voyage dans des conditions rudimentaires et doit , en permanence, surveiller ses voisins , de peur de se faire voler le peu d’argent qu’il a réussi à emporter; ses compagnons de misère sont nombreux et tous ces jeunes gens, de jeunes hommes le plus souvent, sont à la merci de la férocité des passeurs; Le romancier présente, en effet, dans ce récit, des figures de passeurs cruels et sans scrupules qui exploitent la pauvreté humaine ; Entrons dans les détails du roman.
Voltaire est un écrivain mais également un philosophe majeur qui fit partie du courant des Lumières . Il combattit pour un certain nombre d’idées comme la tolérance religieuse ; déiste, il pensait que Dieu existait mais qu'il était le grand horloger de l'univers et qu'il n'intervenait pas dans les décisions des hommes. Dans ses contes philosophiques comme Candide ou Zadig,ou encore l’Ingénu il dénonce la cruauté de l’homme envers ses semblables et particulièrement ceux qui ne lui ressemblent pas ainsi que le fanatisme qui pousse , notamment certains religieux, à faire tuer ceux qui ne partagent pas leurs croyances. Humaniste, il dénonce également, de manière plus générale, la pratique de la torture notamment, ordonnée par des juges lors des procès et lors des interrogatoires de prisonniers ou dans le cadre de l’inquisition, ces tribunaux religieux où l’on condamne des hérétiques à mourir dans d’atroces souffrances ; Il fustige également également les pratiques des esclavagistes qui considèrent leurs esclaves comme des objets et leur infligent les pires châtiments ; Tous ces actes de barbarie , Voltaire les juge infâmes .
Les volailles traitent les hommes de monstres et leur cruauté s’étend à de nombreux domaines . “ils ne font des lois que pour les violer, et ce qu’il y a de pis, c’est qu’ils les violent en conscience.” Voltaire se sert ici du point de vue des animaux pour dénoncer la cruauté de son espèce , la plus cruelle de toutes selon lui sur cette planète : les êtres humains. Et il condamne les dogmes des religions qui selon, lui, sont contradictoires .Ce dialogue se termine avec l’arrivée du cuisinier qui vient chercher les volailles pour les faire cuire; le chapon accepte son destin avec philosophie et s’en remet à dieu auquel il recommande son âme . Il paraît résigné et se console avec la religion . Voltaire fait de l’ironie ici .La poularde ,elle, se révolte et aimerait se venger en donnant une indigestion à celui qui la mangera ; Voltaire conclut sur une remarque désabusée “mais les petits se vengent des puissants par de vains souhaits, et les puissants s’en moquent ” 

Pour aborder la seconde partie du programme d’Humanités, intitulée Les représentations du monde , nous pouvons nous poser plusieurs questions et notamment quelle est notre place dans le monde et comment nous le représentons nous . Il conviendra donc d’aborder la découverte des nouveaux mondes , de l’altérité ( la rencontre avec l’Autre ) , nos possibilités de connaître le monde qui nous entoure ; à travers les voyages , les découvertes scientifiques et les progrès de la Science . On pourra également s’interroger sur nos représentations du monde , de nos espaces de vie et de socialisation comme les villes, les mondes imaginaires également , utopiques ou dystopiques. Mais pour aborder ce nouveau volet de notre second thème, nous intéresserons tout d’abord, à l’évolution de la relation entre l’homme et l’animal. Comment l’homme considère-t-il l’animal ? L’espèce humaine a -t-elle des devoirs envers les animaux ? L’animal est-il le miroir de l’homme ? Comment les deux espèces peuvent-elles communiquer ? Commençons par ce premier chapitre inspiré : de l’animal à l’homme , une frontière énigmatique ou l’homme est-il vraiment un animal comme les autres ?
Un philosophe contemporain, Pascal Quignard , démontre même que dans L’ Odyssée d’Homère, le premier être qui est capable de reconnaître Ulysse sous son déguisement alors qu’il est de retour à Ithaque après plus de 10 ans d’absence, c’est son vieux chien Argos. Ce dernier grâce à son flair a su démasquer son maître et l’a reconnu à son odeur; Homère aurait utilisé, en grec, le verbe penser pour désigner l’action du très vieux chien qui meurt de joie en retrouvant son maître . L’intelligence animale consiste ici à voir ce que les humains ne peuvent voir , à démasquer la vérité sous les apparences ; Ulysse est déguisé en mendiant et seul son chien est capable de lui redonner sa véritable identité . On dit que les animaux sentent la peur, ressentent, dans l’air l’arrivée des séismes et certains chiens détectent des cellules cancéreuses invisibles à l’oeil nu. S’agit-il de pensée animale ou d’instinct supérieur à celui de l’espèce humaine dans certains domaines ?
L’homme est une machine.

Le drame romantique, inventé par Victor Hugo , est un type de spectacle qui tente d’effectuer la synthèse entre des éléments issus de la tragédie , et d’autres issus de la comédie. En 1827 Hugo dans la Préface d’une de ses pièces , définit ce théâtre comme un mélange de sublime te de grotesque. Avec son drame Ruy Blas , en 1838 il mêle une intrigue amoureuse et une trame politique; Un valet, manipulé par son ancien maître chassé de la cour, va révéler progressivement son amour à la reine d’Espagne mais il cache un terrible secret: son identité véritable. Lorsque Don Salluste revient à la Cour et fait éclater la supercherie, il le tue sous les yeux de la reine. Cette dernière est atterrée par ce qu’elle vient d’apprendre et demeure sans voix “immobile te glacée” ; Quel dénouement Hugo a -t-il choisi ? la passion va-t-elle triompher ? On peut en douter . Commençons la lecture linéaire …
Ruy Blas reste à distance comme l’indique la didascalie interne du vers 2 : “je n’approcherai pas “ . Cet aspect solennel est celui de la tragédie classique dans laquelle les personnages s’expriment avec solennité. Le personnage de Ruy Blas tente de se faire pardonner ce qui peut être qualifié de “trahison ” comme on le lit au vers 6 . Il a, en effet, accepté de se faire passer pour un noble alors qu’il est d’origine modeste et a menti sur sa véritable identité, allant même jusqu’à accepter les fonctions de premier ministre en l’absence du roi . On remarque que les alexandrins sont “disloqués ” ainsi que le voulait Hugo qui a tenté de créer ainsi un langage théâtral plus naturel . L’agitation du personnage se traduit également par un bouleversement de la syntaxe et de nombreux enjambements comme aux vers 5 et 6 . Le champ lexical de la faute est très présent au début du passage avec le terme trahison déjà mentionné au vers 6. Ruy Blas se sent fautif mais il tente de se justifier et on le remarque notamment l’atténuation de sa culpabilité avec la 
A partir de ce moment, la tragédie devient un drame et offre aux spectateurs des moments déconcertants . Tout d’abord le changement d’attitude de la reine peut surprendre : elle se précipite vers le héros mourant pour l’entourer de ses bras et d’ailleurs , il donnera d’abord l’impression de mourir dans ses bras : “ l’entourant de ses bras”, tenant la reine embrassée “la reine le soutient dans ses bras ” au vers 45; Hugo reprend ici l’image du Christ avec plusieurs allusions comme l’obtention du pardon qui évoque les dernière paroles du Christ adressées à son père . La reine qui jusque là , était demeurée stoïque, se met alors à vibrer d’une passion qui a pu surprendre ; Elle lui dit qu’elle l’aime et l’appelle dans un premier temps , César, qui était son faux nom avant de lui donner , au dernier vers, sa véritable identité. Mais ce pardon arrive trop tard ! Et c’est aussi ce qui rend ce dénouement particulièrement tragique !
Ce final comporte donc de nombreux éléments tragiques : certains sont habituels et d’autres le sont un peu moins pour le public. La mort du héros est , à la fois prévisible et attendue ; elle vient sceller une passion impossible entre deux personnages qui s’aimaient sincèrement mais qui n’ont pas d’avenir ensemble; Si le dramaturge montre, sur scène, et pour la première fois, la possibilité d’un amour entre un “ver de terre “et une “étoile ” il ne permet pas à ces deux personnages d’être heureux; la mort demeure l’unique issue pour un homme qui a menti sur ce qu’il est et cette femme pourra toujours se reprocher de ne pas avoir choisi l’amour à temps; Le drame romantique tente une synthèse entre un héritage tragique et des préoccupations contemporaines et il est parfois difficile de comprendre ce nouveau genre. La passion amène toujours l’homme à effectuer des choix souvent irréversibles et qui le condamnent à se perdre .
L’histoire commence à Catane , une ville portuaire du Sud de la Sicile, construite sur les pentes de l’Etna et célèbre pour son marché aux poissons . Elle se situe en Sicile , à quelques centaines de kilomètres au Nord de l’île de Lampedusa qui voit arriver des centaines de bateaux de migrants . Dans notre roman, il est question de plusieurs candidats à l’émigration; Tout d’abord une jeune femme raconte sa traversée à bord du Vittoria, en 2004. Victime de passeurs criminels, elle a payé 4500 dollars pour un passage en Europe ,pour elle et son bébé , qu’elle a vu mourir, jeté par dessus bord . Voilà comment le romancier raconte leur rencontre à bord du bateau qui dérivait ” Jusque là il n’avait vu qu’un corps emmitouflé, qu’une femme éreintée de fatigue, une pauvre âme déshydratée qui ne voulait pas quitter la nuit. mais lorsqu’il croisa son regard, il fut frappé par cette tristesse noire qui lui faisait serrer la rambarde de toute sa force. C’était le visage de la vie humaine battue par le malheur.Elle avait été rouée de coups par le sort. Cela se voyait.Elle avait été durcie par mille offenses successives” 
Que sait -on des conditions dans lesquelles ils voyagent ? Avec la chaleur, la peur des contrôles et des barrages, de se faire voler , les hommes dorment peu et mal. Ils sont éprouvés par la promiscuité et l’incertitude de leur sort. Ils montent à bord de camions bruyants et inconfortables et parcourent des routes poussiéreuses . Souvent, ils sont obligés de mendier dans la rue et craignent que les policiers tentent de les disperser et d’évacuer leurs campements provisoires . Alors ils courent comme des rats dans la nuit pour échapper aux chiens qui les mordent et aux policiers qui les frappent . Cela fait maintenant 8 moi que Soleiman est parti alors que la traversée par la Libye devait durer moins de 4 jours. Les migrants doivent également se ruer à l’assaut des frontières en franchissant les barbelés; C’est le cas notamment entre le Maroc et l’Espagne pour atteindre Ceuta . ( p 179 ) Il sont plus de 500 entassés dans la forêt : Maliens, Nigérians, Togolais, Camerounais , Guinéens, Libériens et décident de passer en force et de construire des échelles pour franchir les barbelés et dépasser les patrouilles de policiers espagnols qui montent la garde. L’assaut est brutal, dangereux et violent. “Nous allons courir comme des bêtes et cela me répugne..le temps de l’assaut nous allons redevenir des bêtes ” (180 ) Les policiers tirent des balles en plastique et les corps sont de plus en plus nombreux dans la bande de terre qui sépare les deux pays; c’est alors que Soleiman aperçoit une brèche dans le grillage et les deux hommes réussissent à ramper sous les barbelés . Ceux qui ont réussi à passer sont alors regroupés et pris en charge, sur le territoire espagnol par des associations humanitaires d’aide aux migrants : ils sont cependant en état d’arrestation et vont être conduits dans un centre de détention . Ils seront ensuite relâchés et libres , explique Boubakar.
Dès sa première apparition sur scène, Phèdre veut mourir pour échapper à sa passion dévorante et interdite. Oenone, sa vieille nourrice, qui a peur pour elle, décide de la faire renoncer à ses noirs projets et réussit à la convaincre de la laisser mentir à Thésée . Au début de l’acte IV, Oenone, en brandissant l’épée d”Hippolyte comme preuve accuse ce dernier d’avoir tenté de violer sa belle-mère: Phèdre ne dément pas. Thésée, furieux, accable son fils et demande à Neptune de le punir. Ce dernier est banni et Phèdre, quant à elle, se sent terriblement coupable d’avoir sali la vertu d’un innocent :elle accuse Oenone et la chasse; Cette dernière se suicide en se jetant dans la mer. Hippolyte dans sa fuite mais il meurt, est tué par un monstre marin. le récit de sa mort est relaté par Théramène, son plus fidèle serviteur . C’est en père éploré que Thésée vient annoncer à son épouse la mort de son fils. Phèdre es décide alors à tout lui avouer.
L’emploi de l’impératif présent : « écoutez-moi » traduit le fait que Phèdre est consciente de l’urgence de la situation; sa mort est proche, et elle ne peut pas perdre du temps : « les moments me sont chers » reprend cette idée d’urgence . Phèdre vient rendre justice à un innocent : Le champ lexical de la justice : « injuste », « innocence », « coupable », « condamné » illustre ce point . Avant d’expirer, Phèdre veut rétablir la vérité. On assiste à une sorte de plaidoirie et elle se désigne comme la principale coupable avec une forme emphatique : “ c’est moi qui “qui semble faire peser tout le poids de la culpabilité sur le personnage ; L’objet est séparé du verbe comme pour accentuer l’horreur de son crime “jeter un oeil profane, incestueux. L’adjectif profane rappelle ici qu’elle n’a pas respecté les liens sacrés de la famille : elle a donc offensé les Dieux et son crime s’apparente à une forme de sacrilège. Le contraste est alors maximal entre les deux personnages : l’innocent mort injustement et la coupable dont la vie paraît injuste. L’idée est peut -être de faire davantage accepter cette mort par le public en la justifiant ici de manière naturelle.Ce n’est plus seulement l’héroïne qui cherche à échapper à sa passion en se donnant la mort, c’est une femme criminelle qui mérite de mourir pour le mal qu’elle a fait. Phèdre reprend alors l’enchainement dse faits qui ont mené à la tragique mort d’un innocent : au vers 1625 : « le ciel mit dans mon sein » : les deux métonymies rappellent l’origine de sa funeste passion, cette malédiction dont elle fut ma victime . C’est une manière de rejeter en partie sa culpabilité car elle est seulement en position d’objet : « dans mon sein ». Elle se présente,une fois de plus , victime de cette cruauté des Dieux qui s’acharnent à punir son sang pour une faute commise par les ses ancêtres ( le Soleil, son grand-père qui a dénoncé les amours secrètes de Mars et Vénus ) . Ensuite, dans un second temps, le personnage dresse un véritable réquisitoire contre Oenone qu’elle qualifie, au moyen d’ un vocabulaire dépréciatif: de «détestable», au vers 1628 et de « perfide » au vers 1630. – Elle l’accuse d’avoir “conduit ” la trahison et même d’avoir abusé de la situation car elle se trouvait dans une “faiblesse extrême ” v 1629 . Le dramaturge rappelle une dernière fois les circosntances qui ont mené à cet enchaînement tragique : l’aveu de l’amour de Phèdre s’est déroulé alors qu’elle croyait son époux mort et le retour de Thésée a modifié la donne ; le danger , c’est désormais que le jeune homme confie à son père, à son arrivée, les révélations de sa belle-mère; c’est pour prévenir ce danger que la nourrice a alors l’idée d’accuser Hippolyte; Phèdre peut-elle vraiment passer pour une victime de la fidélité poussée à l’extrême d’Oenone ? Elle apparaît en position d’objet, comme si elle subissait la volonté de la vieille femme: « abusant de ma faiblesse » tandis qu’Oenone est le sujet de tous les verbes d’action : « a conduit », « a craint », « s’est hâtée »

Si on se réfère aux règles du théâtre classique et notamment à la règle dite de bienséance, les personnages ne devaient pas offrir leur mort , à la vue du public: : « Elle expire, seigneur » :ces quelques mots peuvent laisser penser que Phèdre meurt bien sur scène : cela accentue le pathétique mais aussi le tragique . Cette mort agit presque comme une fin moralisatrice : la passion conduit à la perte, à la destruction et à la mort. Les spectateurs doivent alors se purger de cette émotion.
Au dix-septième siècle, la tragédie classique propose aux spectateurs des histoires dont ils connaissent déjà la fin . Le mythe permet ainsi au dramaturge de puiser dans une matière préformatée qu’il peut toutefois légèrement accommoder à sa guise . Ainsi Racine , en 1677, met en lumière dans sa version de
A peine entrée en scène, elle veut déjà mourir pour ne plus souffrir de ce mal d’amour qui l’affaiblit : “Soleil , je te viens voir pour la dernière fois “( 41 ) ; C’est de cette manière qu’elle s’adresse à son grand-père et son attitude résignée fait le désespoir de sa nourrice Oenone : “Vous verrai-je toujours renonçant à la vie / Faire de votre mort les funestes apprêts ? ” Le registre élégiaque est dominant dans les échanges des deux femmes. La nourrice tente de lui rappeler ses devoirs ” De quel droit sur vous-même osez-vous attenter / Vous offensez les dieux auteurs de votre vie/ vous trahissez l’époux à qui la foi vous lie/ Vous trahissez enfin vos enfants malheureux. ” ; on entend ici clairement la condamnation du suicide considéré comme un péché par la religion . La mort semble la seule issue pour le personnage de Phèdre qui ne peut révéler son terrible secret : ” Je meurs, pour ne point faire un aveu si funeste” ; le spectateur aura noté que les aveux ne changeront rien : parole empêchée, ou parole libérée , Phèdre est déjà condamnée et rien ne semble pouvoir faire faiblir sa détermination : pas plus le chagrin de sa nourrice que la pensée de ses enfants ” Quand tu sauras mon crime et le sort qui m’accable/ Je n’en mourrai pas moins, j’en mourrai plus coupable ” Un alexandrin qui affiche le caractère implacable de cette mécanique tragique que rien ne peut enrayer comme le dira Anouilh en 1944″ et voilà maintenant le ressort est bandé ” . Ainsi , Phèdre annonce sa fin inéluctable et Racine emploie même ici le présent d’énonciation qui rend l’action concrète : ” Je péris la dernière et la plus misérable ” annonce-telle au vers 258. Les aveux de Phèdre ne diffèrent que de quelques instants le moment où elle choisira de mourir : ” J’ai pris la vie en haine et ma flamme en horreur ; Au vers 308, le dramaturge établit ainsi le lien entre son amour criminel et son désir d'en finir: l'amour est donc clairement la cause de sa mort et elle prie sa nourrice de la laisser se donner la mort . L'annonce de la mort de Thésée pourtant va faire passer le projet de Phèdre au second plan: sa situation a changé te son amour n'est plus extra-conjugal : ce qui devrait la libérer des interdits de la morale . Elle paraît même suivre avec empressement le conseil d'Oenone : " Vivons..si vers la vie on peut me ramener ” ( 364) L’acte I se clôt sur cette résolution qui est , en quelque sorte, une volte-face. .
Comme les trois autres, le quatrième acte débute par une révélation qui va précipiter le dénouement ; Mais le mensonge d’Oenone aura des conséquences imprévues : la mort de Phèdre est cette fois, racontée par sa nourrice sous une forme pathétique ” Phèdre mourait Seigneur, et sa main meurtrière / éteignait de ses yeux l’innocente lumière “ j’ai vu lever le bras/ j’ai couru la sauver ( 1019 ) La servante raconte ici que sa maîtresse a tenté de se donner la mort : elle a une manière bien à elle de présenter les faits. Furieux Thésée chasse son fils et le maudit . Ce dernier proteste de son innocence; En vain ! Il quitte la scène en insinuant que le sang de Phèdre est criminel .Alors que Phèdre s’apprête à révéler qu’elle a menti, Thésée lui apprend qu’Hippolyte est épris d’Aricie : du coup, elle se tait et souffre d’une jalousie terrible qui lui fait , à nouveau, entrevoir la mort, comme un aboutissement : “la mort est le seul dieu que j’osais implorer/ j’attendais le moment où j’allais expirer ( 1244 ) . Rendue folle sous l’effet de la jalousie, elle souhaite se réfugier dans les enfers car elle se considère comme monstrueuse “fuyons dans la nuit infernale ” ( 1277 ) Oenone lui rappelle qu’elle n’est qu’une faible mortelle et qu’on ne peut vaincre sa destinée ” ( 1297 ) et Phèdre la chasse en la traintant de monstre .
Aujourd’hui avec l’augmentation du nombre de divorces et les bouleversements liés à l’accélération de nos rythmes de vie, à l’augmentation de notre longévité, aime-t-on de la même manière qu’autrefois ? Comment les individus parviennent-ils encore à concilier leur désir d’épanouissement personnel avec une vie de couple, des contraintes familiales et souvent professionnelles ? Alors que les mariages de raison, imposés par le groupe familial se raréfient , du moins en Europe, on constate que beaucoup de couples sont malheureux ; certains envisagent même des thérapies , des médiations car ils craignent, en se séparant, de briser leur cellule familiale; Comment expliquer cette faillite de l’amour libre et quelles en sont les causes ? Et si l’amour n’était pas fait pour durer ? Les histoires d’amour finissent-elles mal ne général? Allons faire un petit tour du côté de la littérature ….
La psychanalyse et l’inconscient remplacent progressivement la transcendance et la fatalité des Anciens . L’individu aliéné par son désir , peut tenter de s’en affranchir mais, au même moment, l’amour fou est célébré par les surréalistes qui déclarent leur flamme à travers les images surprenantes de leurs vers libres. Quelle est , de nos jours, la place de l’amour dans la littérature et comment les écrivains actuels le décrivent-ils ? En soulignent-ils la force ou la faiblesse , les bons ou les mauvais côtés ? Regardons ce débat entre deux philosophes qui confrontent leur vision de l’amour : écoutons-les et essayons de noter les points essentiels qui les opposent pour pouvoir ensuite ,étendre notre réflexion à certaines oeuvres littéraires contemporaines