Mar
26
Classé dans (Correspondance) par Agnès Dibot le 26-03-2015

Après moult hésitations, oserons-nous enfin vendre notre petit journal spécial Charlie ? C’est décidé : c’est oui. Lundi 30 mars, à l’occasion de la réunion parents-professeurs, nos zélèves de media répondront présents pour vendre notre Pink Charlie à la criée : 50 centimes pour un exemplaire en noir et blanc, un euro pour le même, en couleurs : rose, comme il se doit.

Pensez à augmenter l’argent de poche de vos parents pour cette réunion pas comme les autres : ils ont l’habitude d’acheter des petits gâteaux, mais pas un petit journal rose… 50 centimes de plus. Deux fois 😉

Mar
12
Classé dans (Correspondance) par Agnès Dibot le 12-03-2015

La crise économique est passée par le collège : notre journal est victime de la pénurie de papier. Point de distribution gratuite du numéro spécial Pink Charlie ce trimestre… 🙁

Décision collégiale : le Pink Charlie sera vendu 50 centimes à toutes celles et ceux qui le souhaiteront.

Pourquoi acheter Pink Charlie ? Parce que c’est un journal de qualité (Bilal H.) : on peut y apprendre des choses sur l’actualité. De plus, c’est un journal fait par des zélèves du collège, qui ont pris du temps pour le composer, c’est pas comme acheter un journal qu’on ne connaît pas. Là, on connaît les “journalistes”. C’est un numéro spécial “Charlie Hebdo”. Si vous le lisez, vous allez trouver différentes opinions sur les attentats contre Charlie Hebdo : certains zélèves ont exprimé leur tristesse après le massacre des caricaturistes de Charlie Hebdo, d’autres ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas comprendre que des journalistes aient caricaturé le prophète malgré les menaces. Des débats ont eu lieu, des articles ont été écrits, dans le respect des opinions de chacun. En outre, ce sont des opinions d’adolescents, pas celles des adultes : ça change !

Dans ce numéro, on a parlé plus largement de la liberté d’expression, on  a raconté l’histoire des caricatures (Kamélia), certains ont écrit un article 100% liberté d’expression (Kamélia, Sileymane, Iness). On a interviewé une journaliste professionnelle : Perrine Cherchève, de Marianne (Maëva). On a dressé le bilan de la liberté d’expression dans le monde : peu de pays ont ce droit, la France en fait partie (Yannick). C’est une chance !

On a écrit sur la manipulation de certains détenus par des sortes de prédicateurs, dans les prisons (Maleyni), on a écrit sur le danger de l’amalgame “musulmans= terroristes” (Sidi), on a réfléchi à l’idée de sacrifier sa vie à une cause : la liberté d’expression (Léa K. et Zoé), on a réfléchi à la valeur de la liberté de s’exprimer (Léa B., Ophélie, Mathilde)…

En conclusion, c’est un petit journal qui dit ce qu’il pense : pour 50 centimes, c’est pas cher !

“Evitez-nous la faillite !”. Si personne n’achète ni ne lit Pink Charlie, ce sera la fin de ce petit journal… Allez, 50 centimes, c’est rien : 10 bonbons, 5 sucettes, un paquet de Yum-Yum ! Trois cigarettes… Un demi pain au chocolat… Un vernis à ongles pas cher… Non ? Un fond de vernis à ongles, alors : paraît que ça coûte plus cher. Vous vous rendez compte : un petit journal moins cher qu’un flacon de vernis à ongles !!!  Un Caprisun ! Trois bouteilles d’eau. Des élastiques. Des chips au fromage à Eco Frais ! La limonade à Intermarché… Les chewing-gum à la caisse à Auchan, un tube de Mentos, une micro canette de Coca, un stylo (pour les intellos)… Ca vaut le coup, non ?

 

Fév
14
Classé dans (Correspondance) par Agnès Dibot le 14-02-2015

Un grand (et sincère) merci à mes deux zélèves, Iness et Kamélia, qui ont, de 9 heures à 15 heures 30, joué le jeu des Portes Ouvertes et m’ont tenu compagnie pendant des heures (!) pour présenter l’option media aux familles de nos futurs sixièmes !

Qu’elles soient remerciées, parce qu’elles ont donné du temps (beaucoup de temps) et ont, de plus, utilisé ce temps pour compléter la maquette de Pink Charlie 😉 Deux nouvelles pages ont vu le jour (eh oui, on a travaillé !), et nos ambassadrices d’un jour ont su présenter leur option avec le sourire et un enthousiasme qui fait plaisir à voir.

Cette journée est passée vite : à tel point que je n’ai corrigé aucune copie (mince…)… Espérons que nous aurons fait naître quelques vocations chez les petits cm2 qui sont venus nous voir…

Nov
29
Classé dans (Correspondance) par Agnès Dibot le 29-11-2014

Kamélia,

Attention, ceci est un message codé que seul l’Exceptionnel Mastorgio, s’il est connecté, pourra déchiffrer puisqu’il connait tous les codes, ainsi que son destinataire : Kamelia.

Kamélia, donc, disais-je : j’aime ton article (fautes d’orthographe exceptées 🙁 ), on t’y retrouve très exactement ! C’est comme si tu nous parlais. D’ailleurs, à ce propos, le vocabulaire… Question existentielle : je publie ? Autre question existentielle : je publie sous ton nom ?

Bon week-end, et attention, modérément, les piercing 😉

Oct
17
Classé dans (Correspondance) par Agnès Dibot le 17-10-2014

Maleyni se demandait hier pour quelle raison (crime de lèse-majesté !) j’avais classé son article dans la rubrique “brèves de comptoir” : eh bien, parce que, comment dire, cet article si bien pensant sur le statut de la femme rêvée comme femme au foyer, épouse et mère modèle me semblait mériter sa place au Panthéon de la petite phrase formulée par inadvertance, au hasard de la conversation, sans réelle réfleion… Mais non point, que nenni : Maleyni pense vraiment que la place de la femme est au centre du foyer, et auprès des enfants. Quand celle de l’homme est à l’extérieur.

Grand moment de solitude hier, en séance media, quand il a fallu s’exprimer dans le cadre du débat sur la place de la femme (y avait-il matière à débattre ? Cette idée semble une régression : mais ce n’est pas fini…) : il s’avère que deux de nos journalistes en herbe, deux garçons (évidemment) soutiennent cette idée, selon laquelle l’homme travaille, représente l’autorité (“vous serez d’accord avec moi, M’Dame, que quand le père élève la voix, cela a plus de poids que quand c’est la mère !”), pendant que la femme l’attend en s’offrant une manucure, une après-midi shopping chez Hermès et Chanel, accompagne une amie au cinéma, pour voir le dernier Lelouch (ou le dernier Almodovar), avant de rentrer à la maison se plonger dans les délices d’un bon bain et d’une bonne lecture.

Ah non : cela ne marche pas comme ça, la femme au foyer ! Tatata : au paradis de la femme au foyer règnent l’aspirateur, les gants Mappa, la sortie d’école, les supermarchés, les séries télé : le shopping se cantonne au rayon fruits et légumes du supermarché le plus proche. Môssieur ramène l’argent à la maison, mais dans la vraie vie de nos zélèves, la mère au foyer a quand même un job à temps complet. On avait oublié les zenfants !

Donc, libération de la femme ? Haussement de sourcil de Maleyni, haussement de sourcil de Kinay : oui, oui, la femme peut trouver un travail, un loisir, pour s’occuper (!!), s’ouvrir l’esprit, rencontrer des gens… Après sa journée de farniente… Ou pendant que les zenfants se préparent un avenir en rose et bleu à l’école : les garçons feront des études et les filles… Ah, les filles aussi ? Mais pour préparer quel avenir ? Un avenir de mère au foyer ?

Crispation dans les rangs : notre horde de blondinettes et brunettes trépigne d’impatience, voire d’agacement : quand l’expression “chef de famille” est lancée, c’est un déchaînement de protestations… Enfin ! “Enfin, vous serez d’accord, M’Dame : l’homme, c’est le chef de famille !”

– Mais si tu dis “chef de famille”, tu sous-entend qu’i n’y a pas égalité dans le couple, qu’il y en a un qui est supérieur à l’autre, ose Amélie.

Ca donne à réfléchir, n’est-ce pas ?

Sur ce, récréation… Et, magie du fort à propos, pendant la récréation, Lucile évoque le petit précis à l’usage des épouses et mères de famille, dédicacé à sa grand-mère en… 1941, cadeau d’anniversaire pour ses 20 ans : un bijou, ce petit livre fleurant bon la morale “travail-famille-patrie”, dans lequel on trouve des sujets de réflexion sur la (bonne) place de la femme au centre du foyer, qu’elle illumine par sa dévotion au bien-être de l’époux et des zenfants.

Qui a dit que l’égalité des sexes était un combat gagné ?

Oct
04
Classé dans (Correspondance) par terminator le 04-10-2014

Aujourd’hui, je me suis fait punir par un professeur, c’était dur mais cette punition sera une bonne leçon pour moi. Si vous ne voulez pas être punis, je vous conseille de vous tenir à carreaux avec Mme Dibot. Je préfère être derrière un ordinateur que d’être dans une salle tout seul pendant 45 minutes… Donc, la prochaine fois, je me tiendrai à carreaux et vous aussi, je vous le conseille.

Conseillé par les professeurs d’Histoire, ce roman (lu et apprécié !), tout comme le film adapté du roman, est accessible aux zélèves de 3ème : l’action se déroule dans un lycée, un professeur met en scène son cours sur la dictature. Passionnant tout autant que glaçant…

Sep
25
Classé dans (Correspondance) par Agnès Dibot le 25-09-2014

“C’est quoi, une “mizembouche”, M’Dame ?”

Je les entends déjà, mes zélèves, s’étonner, lever un sourcil interrogateur, puis deux, voire même soupçonner chez leur professeur une défaillance orthographique passagère : “Elle a perdu le don, ou quoi ?” Que nenni, point encore… Une mizembouche est une mise en bouche : celles et ceux qui ont, l’an dernier, participé à l’atelier cuisine de Mme Goncalvès (oui, la Delphine de notre rubrique “la cuisine de Delphine”), pendant la semaine décloisonnée, savent ce qu’est une mise en bouche ! Sidi ? Nous attendons ta réponse 😉

Mizembouche spéciale Torchon, donc. A paraître, ces jours-ci : un article sur Ebola. Yannick nous rapportera ce que son père, en poste au Liberia pour trois ans, lui a dit au sujet de cette maladie et sur sa transmission . Plus léger (quoique…) un article recette de cuisine : les truffes au chocolat. La guerre des Iphones 6 se poursuivra-t-elle dans nos colonnes ? On attend, dans la rubrique cinéma, la critique du film Nos étoiles contraires.

Ceci pour faire patienter nos fidèles zinternautes entorchonéidés. Si les zélèves se montrent zélés, un Pink Paillettes pourrait même voir le jour avant les vacances d’automne (déjà ? Déjà les vacances, ou déjà un Pink Paillettes ?)

Jeudi matin, nous avons eu la surprise de compter dans le groupe option media 3ème deux anciennes zélèves : Eden et Julie : dès 8 heures du matin, elles étaient dans le rang, sages, motivées pour participer à une séance media ! (quand on vous dit que c’est une option qu’on aime et qu’on ne quitte pas ;))

  A priori, à l’exception de la coupe de cheveux d’Eden, qui a sacrifié sa belle chevelure noire à la tendance dégradé (mais Eden sera toujours jolie, même rasée), elles n’ont pas changé : le lycée ne les a pas encore tout à fait éloignées de George Sand, et on espère les revoir bientôt… Petit résumé de l’interview à laquelle nos deux lycéennes ont bien voulu se prêter.

Pourquoi êtes-vous avec nous de si bon matin ?

– Parce que vous nous avez invitées ! Et parce que l’option media, c’était bien…

Le Brevet des Collèges, c’était facile, ou pas ? 

– Ca va. Si vous suivez bien vos cours, c’est pas trop compliqué. L’examen est basé sur vos connaissances, c’est pas super dur. Si, en maths, c’était des exercices hard. Les brevets blancs de français étaient plus durs que le sujet de l’examen. En histoire-géo-éducation civique, ça va.

Vous étiez préparées ?

– Oui, sauf pour rédiger le paragraphe argumenté en histoire, sur l’indépendance d’une colonie. Il y avait beaucoup à rédiger.

L’entrée en lycée, ça s’est bien passé ? 

– C’est trop bien ! La 1ère journée, il n’y avait personne ! Les couloirs sont très grands (étroits, mais longs). Il y a plein de bâtiments. Franchement, c’est pas compliqué de s’y retrouver, il y a plein d’affichages. Mais quand tous les zélèves (seconde, première, terminale) sont là, c’est surprenant ! On est beaucoup, en classe : 33 ou 34. Ca fait bizarre, ça change, on était 20, l’an dernier.

Vous ferez quoi, après la seconde générale ?

– Un bac S (toutes les deux) : pour un bac L, il faut aller à Berthelot.

Combien d’élèves y a-t-il à Branly ?

– Beaucoup !!! Mais c’est pas si blindé que ça, parce qu’il y a du monde partout, dans plein de lieux de vie : devant le lycée, il y a tous les fumeurs. Derrière, personne ! Des fumeurs, il n’y a que ça… Ils sont répartis en bandes. Il y a tous les styles vestimentaires : l’avantage, c’est que tu peux t’habiller comme tu veux. Un garçon porte le kilt ! Un autre a une crête. C’est marrant. Tu peux mettre un short, un débardeur, au lycée.

Vos emplois du temps, ça va ?

– Oui, en seconde, c’est pas encore trop plein…

Combien y a -t-il de classes de seconde ?

– Sept. Il y a de grands couloirs, ils sont très étroits, on se frôle. Les salles de cours sont très petites, et on est nombreux.

Et les profs ?

– Les profs sont cool, enfin, ça dépend. On a plein de petits Mastorgio : ils nous vouvoient tous ! 😉 On croit qu’ils s’adressent à un groupe, mais non, c’est à toi… Faut s’habituer… En cours de français, on a été traumatisées par Le Petit Chaperon Rouge. La prof nous a expliqué le Loup et l’Agneau, et le Petit Chaperon Rouge d’une façon… disons… En fait, le loup représente le prédateur, la part prédatrice de l’homme. On devait trouver un adjectif qualificatif pour qualifier le loup. Et on devait comprendre que, dans le Petit Chaperon Rouge, le loup ne mange pas le Petit Chaperon Rouge, mais il la viole. C’est… Surprenant. Les profs posent des questions trop compliquées, avec trop de mots !!! Et il est rare que les zélèves lèvent la main… En Espagnol, on n’a pas de cahier, rien. On ne travaille qu’à l’oral. Des profs dictent, d’autres écrivent au tableau. Y en a d’autres, tu sais pas trop quoi faire, ils notent des mots au tableau et on doit prendre des notes, c’est dur. Le prof a noté des mots en latin, et je les connaissais tous, j’étais fière ! (nous dit Julie). On n’a plus ni techno, ni musique, ni arts plastiques ! La sonnerie, c’est une musique du genre classique. On a hâte de retourner en français, on veut la suite de l’histoire mystique du Petit Chaperon Rouge. (mystique ? On conseille aux filles la lecture de l’ouvrage de Bruno Bettelheim Psychanalyse des contes de fées : mais elles sont encore un peu jeunes pour cette lecture..) http://insuf-fle.hautetfort.com/media/02/01/1853854401.pdf

En français, il y a trop de mots : métaphore, métamorphose, allégorie, antithèse… (NDRL : ce sont des mots qu’on a utilisés en 3ème, déjà…) Et on a un carnet de liaison tout petit, c’est un bébé carnet !  Un conseil, pour le Brevet des Collèges, apprenez toutes vos dates repères en Histoire. On ne vous en demandera que trois, mais apprenez-les toutes.

Les filles nous quittent pour regagner le lycée. On ne s’inquiète pas pour elles, elles sont moins naïves que le Petit Chaperon Rouge. On ouvrirait bien une rubrique : la littérature la vraie, pour que nos lycéens (ennes) nous racontent leurs cours de français… Eden, Julie, les autres ??? Allez, dites oui…

Sep
08
Classé dans (Correspondance) par Agnès Dibot le 08-09-2014

Chers nouveaux zélèves d’option media : premières séances, premières discussions. Qui dit discussion dit possibilité d’émettre des opinions divergentes. Mais, en ce cas, il faut apprendre à justifier son opinion : argumenter, c’est développer des arguments, c’est illustrer son propos par des exemples. En somme, avant d’asséner des idées, il faut être en mesure de les expliquer. Pour cela, il est nécessaire de s’être informés.

“On dit que”, “c’est mon opinion, et c’est comme ça”, “à ce qu’il paraît” sont des expressions vaines, à bannir de votre vocabulaire : n’écoutez plus les rumeurs, ne vous contentez pas des “on dit” : documentez-vous, informez-vous, appuyez-vous sur les media, croisez les informations de plusieurs sources. Et vérifiez les informations avant d’alimenter les rumeurs. Ce sera un début 😉

Alors, Dieudonné, toujours humoriste ? Najat Vallaud-Belkacem, danger pour les enfants scolarisés ? La rumeur court, n’écoutez pas la rumeur. Faites-vous une opinion documentée, et entendez celle des autres…