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Classé dans (Revue de presse) par Kamélia le 10-11-2015

Changement, évolution, que se passe t-il dans nos pauvres cerveaux surmenés ? C’est un article récent, dans Le Monde, qui parlait de ce sujet la semaine dernière…

Notre corps change, notre cerveau également, même si “changer” n’est pas le mot exact car ce sont nos ­réseaux de neurones  qui se connectent : ils forment des dédales de plus en plus complexes et de mieux en mieux organisés. Leur câblage se poursuit pendant toute l’enfance, ­et l’adolescence. Entre 4 et 20 ans, nos matières grises et nos matières blanches évoluent, lors de cette période nous apprenons des choses indispensables au bon fonctionnement de notre vie (écrire, parler, marcher, reconnaître le danger, ..)

Voyons-nous tous le danger de la même manière ?

Durant cette période, nous nous cherchons, nous testons nos limites, pas toujours de manières raisonnables et légales. On sort avec les amis, on fait la fête, on découvre de nouveaux milieux, des gens différents.

Moi, Kamélia, testeuse de dangers en tous genres : à 14 ans, je brûle ma vie à 360°… Comment ? Pour répondre à cette question, Mme Dibot m’en pose une autre : “Que fais-tu, au quotidien, que je t’interdirais si tu étais ma fille ?” Ouh là… que dire :/

J’apprends à me connaitre en me testant, j’apprends à contrôler mes faiblesses, j’essaye d’oublier certains problème de façon pas souvent très légale. Je traine beaucoup, le week-end je ne suis jamais chez moi, je sors, je fais la fête. Je suis rarement à la maison, je ne passe pas de temps avec ma famille. J’abuse des bonnes choses comme des mauvaises. En quelque sorte, j’ai de la chance car je n’en suis pas (encore) morte, contrairement à certains de mes amis.

On se sent puissant sous certaines substances, on devient vite invincible même si ce n’est que dans notre tête. On agît bêtement, inconsciemment.

En l’espace de 5 mois, j’ai perdu 7 amis, souvent à cause de l’alcool (accident de la route)  et d’autres souvent liés à des problème de drogue.  J’ai aussi des répercutions  également sur ma santé, des troubles du sommeil, de concentration, ce qui a des répercussions  sur mon comportement et sur mes notes également.

Une fois qu’on goûte à une certaine liberté et à une façon de vivre, c’est dur de tout arrêter. Pourquoi ?

Et bien, ça a commencé à mon plus jeune âge. Mon père est parti car mes parents ont divorcé à l’âge de mes 6 ans, mon frère est parti vivre avec lui alors je me suis donc retrouvée seule avec ma mère, ma demi-sœur et mon demi-frère. Je n’ai aucune affinité avec eux, donc j’ai vite cherché des gens avec qui j’avais des points communs. J’ai fait cavalier seul(e) un bon moment avant de me trouver moi même. Et puis une chose en entraînant une autre, comme une spirale sans fin, je me suis enfermée sur moi même, les seules choses importantes pour moi étaient la musique et le dessin (ce qui n’a pas grandement changé). Les soucis s’accumulaient, c’est comme un robinet mal fermé, les gouttes s’accumulent, l’eau augmente et on est très vite submergé par ce qui était de simples gouttes au tout début.

Ma mère travaillait de nuit, donc, le soir elle n’était pas là, mon frère était rarement présent et ma sœur étudiait dans sa chambre. En plus, je n’aimais pas être dans ma chambre, mon père m’avait acheté un clown, et j’en avais peur : il faisait ma taille, il était flippant ! J’avais aussi une grosse poupée à laquelle j’ai fini par arracher la tête : elle me fixait la nuit !

A un moment, je ne parlais plus à personne, je me battais souvent à l’école, avec le temps les problèmes sont devenus plus gros et je devais vite trouver quelque chose pour tenir le coup. Malheureusement, je n’ai pas saisi la meilleure des manières, j’ai dû perdre quelques matière grise en chemin.

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